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Carrefour, ou le virage manqué

©Nima Ferdowsi

Il est frappant de constater que deux des plus récentes catastrophes sociales en Belgique ont été provoquées par des groupes qui ont raté un tournant. Celui de l’automobile moins polluante pour General Motors et celui du retour à la proximité et/ou aux prix discount pour Carrefour.

Bruxelles (L'Echo) - Ala question «Le plan de Carrefour suffira-t-il à redresser la barre en Belgique?», 70% de nos internautes répondent par la négative. Rejoignant en cela l’inquiétude des travailleurs du groupe de distribution. On les comprend. Carrefour, on le sait, a multiplié les handicaps en Belgique depuis sa reprise du groupe GIB il y a dix ans. Stratégie erratique, lourdeurs salariales, valse des patrons... on a déjà dit tout cela. Et aussi, manque de feeling par rapport à l’évolution des consommateurs. Il est frappant de constater que deux des plus récentes catastrophes sociales en Belgique ont été provoquées par des groupes qui ont raté un tournant. Celui de l’automobile moins polluante pour General Motors, dont la déconfiture a entraîné la fermeture d’Opel Anvers. Et celui du retour à la proximité et/ou aux prix discount pour Carrefour, accroché à des hypermarchés mastodontes étroitement liés... à la toute-puissance de la voiture. Sans parler, horsde nos frontières, de la fermeture d’une raffinerie par Total, ce qui est tout sauf une surprise si la consommation de pétrole tend à diminuer.

Mais le plan de restructuration de Carrefour a fait apparaître une autre réalité. Dans la liste des magasins condamnés, le déséquilibre est frappant entre la Flandre (15 magasins fermés) et la Wallonie (6 points de vente concernés). La nationalité du groupe Carrefour y serait-elle pour quelque chose? Difficile à dire. Mais l’histoire de ce fiasco prouve en tout cas que l’arrogance ne paie pas. Débarquer sur un marché, tenter d’y imposer tout à la fois des managers (quatre en dix ans), une dénomination (Carrefour, en néerlandais, ce n’est pas très parlant) et un concept (l’hypermarché) directement importés de France, ce n’était sans doute pas très habile. D’autant que même outre-Quiévrain, Carrefour n’est certainement pas le distributeur dont l’image est la plus forte.En attendant, ces erreurs stratégiques, c’est en Belgique que nous allons en payer les pots cassés.

par Martine Maelschalck
Rédactrice en chef

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