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Carrefour: un coup dans l'eau?

Qui a gagné, qui a perdu? Il est légitime de se poser la question après la conclusion d’un "projet de protocole d’accord" entre la direction et les syndicats de Carrefour — qui doit encore recevoir l’aval du personnel.

Qui a gagné, qui a perdu? Il est légitime de se poser la question après la conclusion d’un "projet de protocole d’accord" entre la direction et les syndicats de Carrefour — qui doit encore recevoir l’aval du personnel.

À première vue, les syndicats ont bien négocié durant ces longues semaines de tension, rythmées par des grèves dans les magasins aux quatre coins de la Belgique: le nombre de licenciements secs devrait être beaucoup moins important que prévu; le personnel des hypermarchés continuera à travailler sous l’égide de la (généreuse) commission paritaire 312; près de 1.000 travailleurs auront la possibilité de prendre leur prépension à 52 ans — en plein débat sur l’allongement de l’âge effectif de la carrière, cela ne manque pas de sel!

On semble donc très loin du plan brutal — "celui de la dernière chance" — qui avait été annoncé par les représentants locaux de l’actionnaire français.
Alors, la montagne a-t-elle accouché d’une souris? On le verra à l’usage mais ce qui est sûr c’est que les problèmes de Carrefour n’ont pas été réglés comme par un coup de baguette magique. Certes, pour la première fois en près de 10 ans, une prise de conscience a eu lieu, notamment du côté syndical, que Carrefour allait dans le mur et que des mesures devaient être prises pour pouvoir affronter la concurrence. Certes, le groupe a commencé à "nettoyer les écuries" dans les supermarchés — où beaucoup de "312" devraient profiter de la prépension.

Mais le travail qui reste à faire est énorme, notamment en ce qui concerne la logistique dans les magasins, la qualité de l’accueil, la motivation du personnel…

Car après cette toute première étape, c’est bel et bien du personnel que dépend la suite de l’aventure. Qu’il fasse preuve d’un état d’esprit positif et la clientèle pourrait revenir rapidement arpenter les rayons des magasins du groupe. Mais si ce n’est pas le cas, ceux qui ont apparemment sauvé la mise aujourd’hui risquent bien d’être les grands perdants de demain.

Nicolas Ghislain

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