Ce que les marchés nous disent du Brexit

Côté investisseurs, on doute que le Brexit se produise un jour.

Il reste moins de trois semaines avant l’expiration de la période transitoire qui devait permettre la conclusion d’un accord sur la manière dont le Royaume-Uni quitterait l’Union européenne.

L’irrémédiable désunion des parlementaires britanniques – qui, soit dit en passant, aurait abouti, dans tout autre pays, à la chute du gouvernement – empêche toutefois la conclusion d’un tel accord. L’issue du Brexit reste donc plongée dans le smog le plus épais. ça n’inquiète manifestement pas trop les investisseurs: la livre sterling est en hausse, les taux des obligations britanniques traduisent une confiance dans la croissance économique du Royaume-Uni et les actions des banques britanniques se portent à merveille. Les investisseurs sont-ils complètement déconnectés de la réalité? Nous ne le pensons pas. Dans cette affaire, ce sont eux qui agissent de la manière la plus avisée. Car que peut-on supposer de l’avenir britannique à ce stade? Un Brexit dur semble exclu: ses partisans sont minoritaires au Parlement britannique qui a, du reste, déjà voté une motion excluant une sortie de l’Union européenne sans accord.

Il reste donc deux possibilités. Première hypothèse: l’accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni est avalisé par un vote au palais de Westminster. Dans ce cas, on imagine un soulagement général et une remontée de plus belle des actifs britanniques en Bourse.

Les choix politiques de Cameron et de May ont été loin d’être aussi avisés que ceux des investisseurs.

Deuxième possibilité: le projet d’accord ne passe toujours pas la rampe du Parlement britannique, ce qui conduit ce dernier à voter en faveur d’un report du Brexit. Autrement dit, on gagne du temps. Or, en Bourse, l’adage dit que tant que l’orchestre joue, on continue à danser.

Brexit

Les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont réfléchi sur les futures négociations concernant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Les dirigeants s'engageant à aller vite et à rester unis pour éviter que Londres n'arrache un accord trop favorable susceptible d'inspirer d'autres départs. Suivez toute l'actualité sur le Brexit dans notre dossier spécial >

D’autant plus que, dans les rangs des investisseurs comme ailleurs, certains commencent à douter que le Brexit se produise vraiment un jour. Si même la Première ministre britannique, Theresa May, évoque cette hypothèse, pourquoi l’écarter?

En tout cas, on ne semble pas près d’assister à un Brexit boursier, tant les actifs britanniques ont la cote depuis le début de l’année. Mais en attendant, dans l’économie réelle, les tergiversations des dirigeants britanniques font des dégâts. Les firmes basées outre-Manche, qui se sont couvertes contre les risques d’un Brexit dur, en ont assez de l’incertitude. D’autres ont carrément choisi de se délocaliser. D’autres encore ont différé leurs investissements.

Tout ça à cause d’un ancien Premier ministre qui, de manière irresponsable, a convoqué un référendum fratricide et de l’actuelle Première ministre qui a choisi de jouer la montre au lieu de constater son échec et de démissionner. Des choix politiques loin d’être aussi avisés que les décisions des investisseurs…

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