Cette faille de la honte qui balafre l'Union européenne

Le référendum grec du 5 juillet est un échec historique dans l’histoire de la construction européenne.

En quelques heures, sa convocation a provoqué une faille géante dans la population grecque, balafrant avec une violence rare les amitiés, les familles, les couples entre partisans du "oui" et défenseurs du "non". Elle s’est propagée à travers les peuples d’Europe et leurs gouvernements, renforcée par une communication politique qui confine parfois à la propagande.

Ce référendum est une aberration: il pose une question technique plutôt que politique, il porte sur un programme de financement caduc, il est organisé dans l’urgence au mépris du débat démocratique. Le gouvernement Syriza n’aurait jamais dû le convoquer.

Mais les partenaires européens de la Grèce portent une lourde responsabilité dans cette situation: en refusant de conclure un accord de financement à long terme, la seule alternative qu’ils proposaient au gouvernement d’Alexis Tsipras était la démission ou la soumission.

Les dernières semaines avaient permis à ce gouvernement et à ses créanciers de se rapprocher d’un accord sur un plan de réformes complet pour la Grèce. Le véritable enjeu des négociations portait désormais sur la contrepartie. Le gouvernement grec demandait un plan de financement durable et une restructuration de la dette, indispensables pour regagner la confiance des marchés et redresser l’économie grecque à long terme.

C’est une demande de bon sens mais les gouvernements d’Europe n’ont pas voulu l’entendre.

On comprend leurs raisons. Passer cet accord-là, c’était donner de l’air à Syriza, aider les populistes à se muer en un parti de gouvernement crédible. Et donner des ailes à d’autres alternatives politiques en Europe, à commencer par Podemos en Espagne.

Le résultat est que l’Europe se retrouve plongée dans un affrontement idéologique destructeur au lieu de chercher des solutions de long terme.

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