Ceux qui jouent l'Union aux dés

Frédéric Rohart

Trump, l’Europe et l’électeur italien

Les Italiens accusent le coup. Le dégagisme a triomphé, reste à délibérer sur ce qu’en faire. L’Europe regarde, interdite, impuissante, la troisième économie de la zone euro prendre la voie rapide du populisme sans mesurer encore les conséquences de ce nouveau bouleversement. Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, le champion toutes catégories de l’outrance et du repli sur soi s’apprête à prendre des mesures protectionnistes contre le monde, contre l’Europe – contre l’Italie. La Commission européenne prépare une riposte équivalente. Tout en continuant d’en appeler au pragmatisme, elle semble prête à livrer la guerre commerciale de Donald Trump. S’il le faut. Et elle continue de chercher des accords de commerce tous azimuts qui, chacun, contribueront à réduire la vulnérabilité des Européens à ce type d’hostilités.

Heureusement pour l’Italie, il y a l’Europe: elle peut donc se concentrer sur son casse-tête post-électoral.

Sans l’Europe, l’Italie, qui est le troisième exportateur de fer et acier vers les États-Unis, devrait choisir seule entre deux formules perdantes. La "fermeté", risible quand on est isolé face à une économie dix fois plus lourde. Ou le jeu du moins-disant, que ne manqueraient pas de jouer ses voisins pour tenter de récupérer quelques miettes des pots cassés par l’Américain.

Heureusement pour l’Italie, il y a l’Europe: elle peut donc se concentrer sur son casse-tête post-électoral et laisser la diplomatie commerciale à "Bruxelles", qui défendra ses intérêts comme personne. C’est essentiel, comme toutes les politiques où seule l’Union fait le poids pour défendre les intérêts des Européens dans la mondialisation, mais cela semble à des lieues des préoccupations transalpines. Ce week-end, les Italiens ont massivement voté pour des partis soit éperdument europhobes soit dont le positionnement pro-européen est ambigu. Qu’ils aient cru ceux qui leur disaient que l’Europe et ses valeurs humanistes étaient la source de leurs maux, qu’ils aient suivi ceux qui appelaient à faire tabula rasa d’une classe politique honnie, ils ont joué l’avenir de l’Union aux dés. Notre avenir commun.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content