Climat: place aux mesures qui dérangent

Les ambitions climatiques de la Flandre sont insuffisantes, mais son plan montre la voie sur un point essentiel: il est grand temps de prendre des mesures qui dérangent.

Décevant, insuffisant, noem maar op. L’accord climatique annoncé jeudi soir par le gouvernement flamand a été fraîchement reçu dans le sud du pays. L’objectif de réduction affiché est loin de ce que l’Europe demande à la Belgique, alors on se demande: "Comment va-t-on combler l’écart?" Et comme c’est la question type qui s'applique à tous les sujets débattus à la COP26, les ministres belges du Climat vont aller se la poser à Glasgow.

En attendant de voir si les ondes positives réunies pour une semaine encore dans la métropole écossaise permettront des percées majeures sur la scène diplomatique mondiale et sur le ring belgo-belge, il peut être utile de comparer la manière dont les entités de ce pays se mettent à table.

Le cas wallon, d’abord. Namur s’est fixé l’objectif de réduire ses émissions de "55%" d’ici à 2030. Un objectif à deux étages: les émissions des industries régies par le système européen d’échanges de quotas (ETS) d’un côté, et celles des bâtiments, transports, et de l’agriculture de l’autre. Pour ce second volet, la Wallonie entend réduire ses émissions d’environ 47%, soit précisément ce que demande l’Europe à la Belgique. Bien. Comment la Wallonie va-t-elle le faire, précisément? Patience: le plan détaillé est en cours d’élaboration. D'ailleurs un accord de répartition belge ne serait pas inutile pour le finaliser. En attendant, on parle de mesures plaisantes, de l’investissement dans la mobilité et l’isolation au déploiement de l’économie circulaire.

"En termes de méthode, on vote pour le meilleur des deux mondes: des objectifs ambitieux traduits en un calendrier clair de mesures concrètes, et tant pis si elles dérangent."

Côté flamand, le problème est pris à l’envers. Pas question ici de partir d’un objectif général – atteindre -55% en 2030 – duquel découlerait un plan savamment concocté. Se prévalant de "réalisme", le Nord s’accorde sur des mesures à prendre, et tant pis si l’on constate ensuite que le compte n’y est pas. Quel compte, d’ailleurs? Vu depuis la place des Martyrs, la question est à peine pertinente puisqu’on n’a pas donné d’aval à l’objectif de -47% proposé pour la Belgique. Par contre, les mesures mises sur la table annoncent plus clairement la couleur. Obligation d’isolation, sortie des technologies obsolètes – chaudières au gaz, voitures thermiques... Quitte à effaroucher les vierges, comme la fédération pétrolière belge qui juge ce plan "discriminatoire" pour les voitures thermiques.

Décevant, insuffisant, noem maar op, donc. Mais en termes de méthode, on vote pour le meilleur des deux mondes: des objectifs ambitieux traduits en un calendrier clair de mesures concrètes, et tant pis si elles dérangent.

Lire également

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés