Club de Bruges: attention à l'autogoal

Chroniqueur, newsmanager

L'arrivée du Club de Bruges sur Euronext, une bonne affaire?

Oui, c’est historique : un club de football coté sur Euronext Bruxelles. C’est une excellente nouvelle pour Vincent Van Dessel et ses équipes qui rêvaient d’un aussi bon nom depuis l’introduction en bourse de bpost en 2013. C’est également une bonne nouvelle pour les deux hommes forts du club brugeois, le président Bart Verhaeghe et le CEO Vincent Mannaert. Le premier détient quelque 70% des actions et le second 18%. Comme l’opération ne comprend pas de levée de nouveaux fonds, ce sont les actionnaires existants qui sont vendeurs d’une partie de leurs actions. Pour le duo Verhaeghe-Mannaert, c’est une manière de récolter le fruit de leurs efforts pour faire du club brugeois ce qu’il est aujourd’hui: une société financièrement solide (20% de marge de profit lors de la dernière saison) qui survole sportivement le championnat de Belgique et qui dispose de supporters loyaux, en Flandre bien évidemment, mais aussi en Wallonie.

Le supporter-investisseur risque de se laisser emporter par la passion et d'acheter les yeux fermés, avec le risque de payer l'action trop cher.

Le fait de voir des banques internationales comme Credit Suisse, JP Morgan et Berenberg aux manettes de l’offre, avec Belfius, montre que même des investisseurs étrangers pourraient être intéressés par ce nouveau venu sur le terrain boursier. Nul doute que les investisseurs particuliers vont sans doute répondre à l’appel si le contexte boursier reste porteur. Encore faut-il leur rappeler qu’un investissement dans un club de foot n’est pas un investissement comme un autre. Historiquement, la plupart des clubs ont sous-performé sur les marchés. Leur performance financière dépend d’une kyrielle de facteurs: les résultats sur le terrain, les droits télé, le montant des transferts… Quand ce n’est pas une pandémie qui les prive des recettes des entrées au stade!

En tant que club, l’Ajax Amsterdam fait figure d’exemple pour Bruges. Si sur ces dix dernières années, l’action a gagné 120%, l’investisseur doit aussi avoir les nerfs solides. En 2019, après avoir perdu face à Tottenham en demi-finale de la Ligue des champions, l’Ajax a été proprement lessivé en Bourse d’Amsterdam, chutant de 19%! Si Bruges avait déjà été coté la semaine dernière, il aurait également très certainement subi la sanction des marchés après son élimination de l'Europa League face à Kiev. Prudence donc.

En fait, le grand danger pour tout investisseur, c’est de tomber amoureux d'une action, de se laisser aveugler et de ne plus scruter les chiffres de la société. C'est encore plus vrai pour le supporter-investisseur qui risque de se laisser emporter par la passion et d'acheter les yeux fermés, avec le risque de payer l'action trop cher. Bref, gare au but dans son propre camp, le fameux "autogoal".  

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