Combien de vies pour le F-16?

Olivier Gosset

Après les auditions de la commission Défense

Le remplacement des F-16, scandale ou pas scandale? Les auditions de ce mercredi en commission Défense de la Chambre auront permis de mettre en évidence certains éléments plutôt contradictoires.

Depuis un mois, on a oublié deux réflexions primordiales qui auraient dû précéder tous les débats actuels.

Echaudés à l’idée de voir leur outil de travail déclassé à court terme, des officiers supérieurs de la composante Air ont sans doute fait preuve d’une étonnante erreur d’appréciation à propos de la publicité à donner aux évaluations de Lockheed Martin sur la prolongation de la durée de vie de la cellule des F-16 belges. Dans le même temps, il est apparu qu’il était difficile de parler de manipulation. Pourquoi? Parce qu’il n’appartient pas à des militaires de remettre en cause la décision politique du remplacement des avions de combat. Ce qui ramène les mémos du géant aéronautique US au rang de simples modes d’emploi pour la gestion d’une flotte en voie de déclassement.

Tant du côté gouvernemental que de celui des tenants de la thèse du complot, on a surtout oublié depuis un mois deux réflexions primordiales qui auraient dû précéder tous les débats actuels. La première, c’est que si la Belgique a pris la décision stratégique d’acheter de nouveaux avions, c’est en raison de l’usure de ses chasseurs-bombardiers actuels, mais aussi et surtout à cause de l’obsolescence prévisible d’un appareil plus que quadragénaire dans sa conception. Personne ne demande certes à notre pays de posséder une capacité d’entrée en premier dans un conflit, ce qui reste l’apanage de quelques grandes puissances. Mais lors des discussions à la Chambre, a été évoqué le fait que dans un avenir pas si lointain, l’ex-Force aérienne ne pourrait sans doute plus faire autre chose que des missions de police de l’air au-dessus de son propre territoire.

Deuxièmement, quels seraient les avantages d’un report de l’appel d’offres, à part faire reculer encore un peu plus le pays dans le classement des dépenses militaires à l’Otan? Aucun partisan de cette thèse n’a jusqu’ici avancé le moindre argument convaincant, étant entendu que le marché devra inévitablement être relancé dans les années qui viennent.

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