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Comment jouer avec son bonheur

©Nima Ferdowsi

Toujours très attendu, le rapport d’IBM sur les investissements étrangers en Belgique recèle plusieurs enseignements notables cette année.

Bruxelles (L'Echo) - Toujours très attendu, le rapport d’IBM sur les investissements étrangers en Belgique recèle plusieurs enseignements notables cette année.

  1. Depuis 2007, la Belgique accueille de moins en moins d’investissements nouveaux. La crise n’explique pas tout, car les autres pays développés parviennent à maintenir le cap. Nous avons clairement un problème de compétitivité, qui se manifeste au niveau des coûts du travail, de la fiscalité et d’un certain manque d’intérêt pour les marchés émergents. Le prochain gouvernement ne pourra pas éviter de se pencher sur ce dossier.
  2. L’effritement de la position de la Belgique est centré sur la Flandre, tandis que la Wallonie est en train de se muer en terre d’accueil pour les investisseurs étrangers. Avec des projets comme Hennes & Mauritz (Ghlin), Dow Corning (Feluy) ou Baxter (Lessines), la Wallonie a remarquablement su tirer son épingle du jeu en 2009. Ses atouts: des terrains abordables et des aides publiques généreuses. Lorsque la Flandre se réveillera de son "trip" communautaire, elle devra affronter cette réalité-là.
  3. L’instabilité politique belge commence à agacer les investisseurs. Ce constat ne figure pas dans le rapport IBM mais est néanmoins confirmé par les auteurs du document. En tant que "hub" européen, la Belgique abrite quantité de filiales d’entreprises internationales. Ces filiales communiquent avec leurs maisons mères et, progressivement, cela se ressent sur l’image de la Belgique à l’étranger. Or une perception négative, une fois installée dans les esprits, est très difficile à chasser par la suite. L’exemple de l’Irlande du Nord est parlant à cet égard.


Les investisseurs sont des gens pragmatiques qui adorent la stabilité et la simplicité. Pas sûr qu’ils apprécient les fantaisies de la classe politique belge. Là aussi il y aura tôt ou tard des comptes à rendre à la population. Car on ne joue pas impunément avec le bonheur des gens.

par Jean-Paul Bombaerts
Journaliste économie et politique

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