Crise de l'euro, suite et pas fin

Octobre 2002. Pointée du doigt pour sa politique budgétaire laxiste, la France se retrouve isolée lors d’une réunion des grands argentiers européens. L’euro à peine créé, Paris a déjà pris quelques libertés avec la discipline instaurée pour assurer la crédibilité de la jeune monnaie.

Octobre 2002. Pointée du doigt pour sa politique budgétaire laxiste, la France se retrouve isolée lors d’une réunion des grands argentiers européens. L’euro à peine créé, Paris a déjà pris quelques libertés avec la discipline instaurée pour assurer la crédibilité de la jeune monnaie unique. Réponse brutale du grand argentier français, Francis Mer, à ses homologues de l’UE: "nous sommes dans une Europe où la politique budgétaire et la politique tout court d’un État restent sous son contrôle". Et comme l’Allemagne et l’Italie ne sont pas à l’époque dans une situation plus vertueuse, la messe est dite. Le pacte de stabilité, en gros, ne sera là que pour faire joli.

Huit ans et une méga-crise plus tard, c’est le retour de bâton. La Commission européenne, que l’on disait inexorablement affaiblie, propose d’établir un contrôle préalable des budgets nationaux par les instances européennes. Avant même que les Parlements des États membres n’aient commencé l’examen des projets de dépenses et recettes! "Bruxelles" suggère également de conditionner les subventions européennes au respect des prescrits budgétaires de l’UE. Enfin, l’équipe Barroso prône un mécanisme permanent de gestion de crise, analogue à celui -temporaire- qui vient d’être créé pour assurer la stabilisation de la zone euro.

Pour choquantes qu’elles puissent être pour certaines capitales, ces propositions ne sont jamais que la traduction concrète des multiples idées qui ont été émises pour combler une lacune qui a fait vaciller la zone euro: le manque de coordination économique. Une faille dénoncée dès le lancement de l’Union économique et monétaire par Jacques Delors, qui voulait en rééquilibrer les deux jambes. Les Vingt-sept ont commencé à y remédier avec l’aide à la Grèce et le plan de 750 milliards d’euros pour restaurer la confiance dans l’Eurozone. Les propositions de mercredi n’en sont que la suite logique. Et indispensable. Olivier Gosset

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