D'une crise à l'autre, l'heure du choix

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La mission de l'informateur royal touche à sa fin.

Le 8 décembre 2018, la N-VA quittait le gouvernement de Charles Michel sur le prétexte du Pacte migratoire de l’ONU. Le Premier ministre démissionnait quelques jours après. Depuis lors, la Belgique est sans gouvernement fédéral de plein exercice. Un an plus tard, presque 200 jours après les élections, la mission de l’informateur Paul Magnette arrive à un moment crucial.

La Belgique ne pourra plus longtemps faire l’économie d’une réforme fondamentale de son fonctionnement et de son architecture politique.

La question fondamentale: les libéraux (flamands surtout) vont-ils accepter de former avec socialistes et écologistes une coalition "arc-en-ciel". On comprend bien les réticences. L’arithmétique politique est très difficile: un tel gouvernement n’aurait pas de majorité en Flandre, il serait contradictoire avec l’exécutif flamand, la N-VA n’aurait pas été exposée dans une mission de formation et serait confortablement installée dans l’opposition… Le contenu de la note Magnette ne soulève l’enthousiasme ni de l’Open Vld, ni du MR. À cette réserve près que cette note reste une ébauche appelée à être amendée, complétée, corrigée… Et qu’il semble donc prématuré d’en faire une exégèse définitive.

Il n’en demeure pas moins que cet "arc-en-ciel" en gestation – éventuellement élargi au CD&V et au cdH – est sans doute la seule solution pour sortir de la crise politique actuelle et doter enfin ce pays d’un gouvernement. Grosso modo, il y a deux alternatives. Soit tenter une coalition "bourguignonne" associant le PS et la N-VA. On imagine mal les mettre d’accord. Au passage, après avoir "mouillé" la N-VA et constaté l’échec de cette possibilité, la piste arc-en-ciel pourrait être réactivée.

Soit retourner aux urnes, sans aucune certitude qu’il en résulterait une configuration politique meilleure. Négocier une alliance PS-N/VA ou aller aux élections: dans ces deux cas, on repart au mieux pour de longues semaines supplémentaires de paralysie. Pendant ce temps, l’État fédéral n’est pas géré, des réformes ne sont pas menées et notre budget part à vau-l’eau… Chercher des solutions, être constructif, dialoguer entre nord et sud ainsi qu’entre gauche et droite reste la meilleure option.

Quoi qu’il en soit, il y a une certitude: la Belgique ne pourra plus longtemps faire l’économie d’une réforme fondamentale de son fonctionnement et de son architecture politique. Car l’inefficacité chronique de la gestion publique, singulièrement au niveau fédéral, est de plus en plus un handicap pénalisant les citoyens et les entreprises de ce pays.

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