Dans la cour des grands

Patrick Anspach

Brussels Airlines quitte Eurowings

Réactions contrastées hier, à la suite de l’annonce du retrait de Brussels Airlines (SN) de la structure (low cost) Eurowings du groupe Lufthansa. D’une part, les "patriotes", garants de l’identité belge – et de ses beaux avions personnalisés – et qui n’ont jamais compris qu’une ancienne "compagnie nationale" puisse se retrouver reléguée au sous-rang d’antenne d’une filiale low cost de la Lufthansa; de l’autre ceux qui retrouvent un peu d’oxygène et revoient la compagnie côtoyer les Lufthansa et surtout Swiss et Austrian, dont on ne comprenait pas pourquoi elles puissent bénéficier d’un traitement de faveur.

Experts et syndicalistes nous disent: "On revient au plan Gustin."

SN est donc bien une "compagnie de réseau", une "legacy carrier", comme disent les Anglo-Saxons. Une filiale d’une low cost avec un prodigieux réseau africain n’avait aucun sens. Bernard Gustin, l’ancien CEO de Brussels Airlines, l’avait d’ailleurs bien martelé, il y a deux ans, et ça lui a coûté son poste. Aujourd’hui, comme nous l’ont dit des experts du secteur, mais aussi des syndicalistes, "on en revient au plan Gustin".

Maintenant, rien n’est plié pour autant. En reprenant une certaine autonomie d’initiative, SN en sera aussi responsable dans un schéma où on lui demandera grosso modo 5% de productivité en plus. Si les phénomènes exogènes tels le prix du fuel ou les affres de Skeyes s’apaisent, la mission n’est pas impossible, mais elle devra aboutir dans trois mois. C’est très court car il faudra se rapprocher des cadres d’Austrian, de Swiss et de Lufthansa pour développer des synergies. Heureusement, à des degrés divers, on les connaît tous chez Brussels. Du reste – petit clin d’œil –, tous leurs représentants en Belgique sont déjà logés chez Brussels Airlines. Ça rapproche, non?

La bonne nouvelle d’hier matin est que les syndicats sont sortis plutôt rassurés du conseil d’entreprise, et qu’il n’y aura pas de grèves à attendre pour les vacances. Les contrôleurs aériens de Skeyes nous ont dit la même chose hier. Alors, bonnes vacances!

Brussels Airlines n'intégrera pas Eurowings

Brussels Airlines (SN) dans Eurowings, on oublie! C’est ce qui s’est dit ce matin au Conseil d’entreprise de la compagnie belge. SN devra se rapprocher des compagnies de réseaux, traduisez dans le langage Lufthansa "Austrian et Swiss". La stratégie semble claire: le low cost se concentre sur l’Europe et c’est là qu’Eurowings doit porter le fer. Quant aux compagnies qui ont fait leurs preuves en long-courrier (dont Brussels en Afrique), laissons-leur l’initiative.

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