Proximus a bouclé son plan de restructuration

Et donc Proximus tient son plan. Quelque 1.300 personnes vont quitter, de leur propre choix, les murs de ses tours. Primes à la clé et potentiellement sans licenciement sec.

Doit-on s’en féliciter? Certainement pas si on retourne au but premier de l’entreprise publique, pourvoyeuse d’emplois pour tous. Encore moins quand ce plan se gonfle avec des départs à la retraite anticipée dès 58 ans, ce qui va totalement à l’encontre de ce que prône l’État actionnaire: "nous vivons plus longtemps, donc nous devons travailler plus longtemps".

Doit-on l’accepter? Oui, si on s’en tient uniquement à la logique du marché qui veut que Proximus, entreprise autonome, agit dans un environnement mouvant. Que ses métiers d’hier ont fortement muté ces dernières années (que faire d’un technicien spécialiste de la ligne fixe?) et que ses premiers concurrents sont désormais les Gafa. D’ailleurs, 1.200 embauches sont prévues "pour répondre aux défis que pose cette nouvelle concurrence", a toujours promis l’entreprise.

Comment repense-t-on le marché du travail pour ceux qui n’ont pas la volonté ou les capacités de s’adapter?

C’est finalement le même débat que pour ING ou Carrefour. Pour survivre, Proximus n’a pas d’autres choix que de se transformer. Le véritable échec, il se situe dans l’incapacité actuelle des opérateurs historiques de se repenser tout en s’appuyant sur leurs mains et leurs cerveaux historiques.

C’est une responsabilité d’anticipation de leur part, c’est une responsabilité globale de formation. Aussi de la part de leurs gens. L’avènement d’un monde digital a accéléré le changement dans la sphère travail. C’est enfoncer des portes ouvertes, mais on ne rentre tout simplement plus chez Proximus à 20 ans, pour en sortir à 67 ans dans un costume identique. L’Homo "Corporate" qui réussira demain sera celui qui parviendra à constamment s’adapter en partant de son socle de connaissances.

Reste, alors, la question: comment repense-t-on le marché du travail pour ceux qui n’ont pas la volonté ou les capacités de s’adapter? Il est là, l’enjeu prioritaire. Il est sociétal. Encore plus si l’on vise le plein-emploi et l’allongement des carrières.

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