De l'utilité de la réforme de l'Etat

Le prix unique du livre passe en Belgique francophone.

Des années qu’on en parle! Que ce monstre du Loch Ness réapparaît à l’occasion de chaque Foire du Livre de Bruxelles. Des années sans l’ombre d’une avancée dans les discussions autour de l’imposition d’un prix unique du livre en Belgique. Ni le pouvoir politique, ni les éditeurs, ni les distributeurs ne sont jamais parvenus à se mettre d’accord sur cette réglementation, malgré une vingtaine de propositions de loi en trente ans et plus. Jusqu’à cette veille de Fête nationale, quand Alda Greoli, la ministre francophone de la Culture, a déposé un projet en ce sens sur la table du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Près de 35 ans après la Loi Lang qui imposa le même mécanisme en France.

Pourquoi les libraires indépendants sont-ils plus faciles à protéger au sein d’une communauté que d’un État?

Il aura donc fallu attendre la mise en pratique de la sixième réforme de l’Etat et la communautarisation de cette matière pour que les deux communautés s’entendent sur le sujet. Chacune chez elle. Retoquée à chaque fois au Fédéral, l’idée se concrétise enfin pour les réseaux de vente unilingues une fois passée au niveau communautaire. Pour les vendeurs bilingues toutefois, il faudra un accord de concertation entre les communautés. Ce n’est pas nécessairement gagné et cela réserve peut-être encore quelques complexités à la belge.

L’idée d’un prix unique du livre est de protéger les réseaux indépendants – comprenez les libraires spécialisés qui prennent le temps de conseiller leurs clients – face aux grosses machines qui vendent de l’Astérix ou du Musso comme des ballons de plage en plein été à grands coups de promotions. On peut se demander pourquoi leur protection devient subitement plus facile à réaliser dans une structure communautaire que sous une coupole fédérale.

Par ailleurs, la réglementation abolira progressivement la tabelle, cette incongruité qui faisait qu’un même livre édité par une maison parisienne coûtait plus cher à Mons qu’à Lille. En dépit du marché unique européen.

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