De la clarté pour Belfius

Paul Gérard

Le gouvernement a décidé de reporter à plus tard l'entrée en Bourse partielle de Belfius, c'est le Premier ministre Charles Michel qui l'annonce: "Le temps n'est pas encore venu."

Décidément, depuis le début, ce dossier est mal emmanché. D’atermoiements en tergiversations, le gouvernement a fini par prendre ce lundi la seule décision encore possible sur la mise en Bourse partielle de Belfius: on reporte à des jours meilleurs.

Sur ce point, Charles Michel et consorts ont raison. Depuis un moment, les Bourses se méfient des banques, elles n’aiment pas ces taux d’intérêt toujours bas et censés le rester encore un moment. Dans ces circonstances, il serait risqué et même inconscient d’aller exposer Belfius sur les marchés.

Ce dossier transpire l’improvisation, l’ambiguïté, la maladresse.

Politiquement, c’est plutôt bouché aussi: après le scrutin communal d’octobre suivront les élections législatives de mai. Entre les deux, qu’aurait à gagner la majorité fédérale en mettant en Bourse un actif phare si d’aventure sa valeur venait à baisser dans la foulée? Autant donner tout de suite le fouet aux partis d’opposition.

Bref, la sérénité manque aujourd’hui, remettons à plus tard. Sage décision. Mais pour le reste, ce dossier transpire l’improvisation, l’ambiguïté, la maladresse.

Le gouvernement Leterme avait commis l’erreur de promettre réparation aux coopérateurs d’Arco, bastion électoral du CD&V, pour les pertes subies dans la chute de Dexia (dont la branche belge est devenue Belfius). L’exécutif actuel a repris cette promesse à son compte, comme l’a exigé le CD&V mais peine tout autant à la concrétiser. Le problème n’a pas changé: le dédommagement des seuls coopérateurs Arco présente le risque d’être recalé par l’Europe pour cause de discrimination, et de motiver d’autres actionnaires de Dexia à demander réparation.

Cela n’a pas empêché Michel Ier d’annoncer cet été, après des mois de blocage, la préparation de l’entrée en Bourse de Belfius. C’est finalement le conseil d’administration de la banque (dont les membres sont désignés par l’État, son propriétaire) qui a actionné le frein la semaine dernière, bien tard il faut dire, en demandant que le cas Arco soit réglé avant toute chose.

Ce dossier est-il géré à la fin? Cela fait un an et demi que la perspective d’une mise en Bourse de Belfius anime le débat économique belge. Cela avait pourtant l’air assez simple, l’État étant l’unique propriétaire de la maison. Mais non, il a fallu que le sujet se perde dans les débats internes à la majorité fédérale. Dommage.

Belfius ne sera pas demain en Bourse mais déjà, son dossier est entaché par ce flou ambiant. Or, le flou, c’est tout ce que les marchés détestent. Il faudra absolument changer cela, adopter une ligne claire avant de lâcher la banque en Bourse. Sans quoi, c’est l’envoyer au casse-pipe.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content