Défendons-nous face au dérèglement climatique

Rédacteur en chef adjoint

Le rapport alarmant du GIEC ne doit pas nous pétrifier comme des lapins devant les phares d’une voiture. Nous devons dès aujourd’hui organiser notre défense contre les assauts du climat.

Le GIEC a délivré son rapport. Il est catastrophique et ce, dans tous les sens du terme. Mais pas besoin d’en lire ses près de 4.000 pages pour y entrevoir notre destin: l’avenir qu’il nous prédit se déroule déjà sous nos yeux. En témoignent aujourd’hui la Wallonie inondée, la Grèce, la Turquie et la Sicile en flammes, la Californie qui, en plus d’incendies historiques, subit des pénuries d’eau qui menacent plus que jamais son agriculture, véritable verger des États-Unis. Des épisodes extrêmes qui, même en cas de ralentissement significatif de nos émissions de gaz à effet de serre (scénario le plus optimiste), seront notre lot des 20 à 30 prochaines années, nous dit le rapport.

Ce n’est pas seulement que le monde va changer, il a déjà changé. Nous y sommes déjà, mal équipés, avec nos bottes, nos lances à incendie, nos baguettes de sourcier. Il est donc temps de penser à un plan dont on ne parle que trop peu: l’adaptation de nos sociétés. En plus de "plans climat", "green deal" européen ou autre "transition énergétique", nous devons aujourd’hui parler de nouvelles politiques, un programme "défense contre le climat", pour adapter notre style de vie à cette réalité qui frappe à nos portes. La Wallonie l’a brutalement appris à ses dépens. L’inadéquation de l’aménagement de son territoire, la fragilité de ses structures de prévention et d’intervention, le laisser-faire coupable en termes de constructions aux abords des cours d’eau lui ont coûté des vies, et lui coûteront des centaines de millions d’euros de reconstruction.

Ce n’est pas seulement que le monde va changer, il a déjà changé. Nous y sommes déjà, mal équipés, avec nos bottes, nos lances à incendie, nos baguettes de sourcier. Il est donc temps de penser à un plan dont on ne parle que trop peu: l’adaptation de nos sociétés.

L’adaptation passe avant tout par la prévention. Les sécheresses doivent par exemple nous pousser à adapter nos cultures et nos paysages pour mieux retenir l’eau de pluie. En termes de santé, la "verdurisation" des villes peut créer des ilots de fraicheur en temps de canicule. Des mesures fiscales ou administratives, tout comme les politiques d’assurances, peuvent guider l’habitat pour qu’il soit plus résistant aux éléments extrêmes du climat. Tout cela passe évidemment par une amélioration de nos systèmes de prévisions et de gestions de ces épisodes climatiques, systèmes dont la Wallonie aurait eu cruellement besoin lors des inondations.

Les plans de relance exigent de nous que nous réduisions drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. Ils ne doivent pas nous empêcher d’y intégrer une ligne de défense contre les assauts du climat. À défaut, nous continuerons à écoper, éteindre et suffoquer dans un monde que les rapports du GIEC nous prédisent déjà depuis plus de 30 ans.

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