Délit de mauvaise gestion

Lacunes multiples à l’administration wallonne

La défaillance au sein de l’administration wallonne ne se limite visiblement plus à l’un ou l’autre cas isolé. Elle semble aujourd’hui à ce point répandue en de nombreux endroits qu’on peut s’interroger sur les qualités de bon gestionnaire des pouvoirs publics. Il faut évidemment prendre les précautions d’usage et éviter de trop vite généraliser. Mais en rassemblant les exemples, on est en droit de se poser des questions.

Cela fait 15 ans que la Cour des comptes tire le même constat. Malgré tout, certains organismes peinent à se conformer.

Les cas qui suivent dépassent les simples bugs informatiques qui ont paralysé l’administration fiscale wallonne il y a quelques mois. On parle ici de mauvaise gestion. Pointons ces 12 immeubles, propriétés de la Région, et tous inoccupés ("L’Echo" du 23 février). Un bâtiment de 2.500 m² situé dans le quartier administratif de Namur est même vide depuis 1998. Un autre est en location depuis 2012 et il n’a jamais été occupé par les fonctionnaires. Le ministre de tutelle semble s’en émouvoir mais ces carences ne datent pas d’hier.

La suite est plus interpellant. Le détournement de 2 millions d’euros par le comptable de l’Office wallon des déchets (OWD) met en avant les failles en matière de contrôle interne au sein de l’administration. La Cour des comptes s’en étonne à peine aujourd’hui, elle qui dénonce depuis 2001 auprès des autorités publiques les multiples failles en matière de contrôle interne des flux financiers au sein de l’administration wallonne et des organismes publics. Pour l’institution, une séparation claire entre les fonctions de comptable et de trésorier est la seule façon de prévenir les risques de fraudes et éviter qu’un cas comme l’OWD se reproduise. Cela fait 15 ans que la Cour tire la sonnette d’alarme. Et pourtant, dans son dernier rapport publié hier, elle doit bien constater que des organismes publics comme la CWAPE, l’Agence wallonne des télécommunications, l’Agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité peinent toujours à mettre en place ces procédures.

Si on peut parler d’une faillite dans le contrôle au sein de l’administration, l’autorité de tutelle n’a pas joué son rôle de contrôleur. Elle doit en tirer les leçons!

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