Dépenser mieux, taxer autrement

Le constat est simple. D’un côté, les recettes se tarissent. De l’autre, les dépenses explosent. Sans oublier le spectre du vieillissement démographique qui a pris des proportions inquiétantes.Que faire?

La Belgique renvoyée en seconde session pour son Programme de stabilité jugé totalement insuffisant. L’événement s’apparente à un blâme. Ces dernières années, seule la Hongrie avait eu droit à un tel traitement.

Le constat est simple. D’un côté, les recettes se tarissent. De l’autre, les dépenses explosent. Sans oublier le spectre du vieillissement démographique qui a pris des proportions inquiétantes.

Que faire? Geler les dépenses tous azimuts, au risque de sombrer dans le scénario déflationniste des années 30? Ou au contraire laisser filer le budget pour ne pas miner la croissance, au risque de renouer avec l’effet boule de neige des années 70?

Chacun l’aura compris: aucune des deux recettes ne constitue la panacée. Il faut dépasser cette contradiction et se demander si l’énorme défi qui se pose pour les finances publiques ne peut être l’occasion de revoir en profondeur la manière de récolter et de dépenser l’argent public.

Ainsi, le débat semble mûr pour un glissement — au moins partiel — de la taxation du travail vers une fiscalité verte. Le temps est également venu de mieux répartir les efforts budgétaires entre l’État fédéral et les entités fédérées qui ne sont pas responsabilisées financièrement par rapport à leurs choix politiques.

Du côté des dépenses, il est clair qu’avec 44 % du PIB prélevé par les pouvoirs publics, on a atteint des sommets au-delà desquels on risque tout simplement de tuer l’économie. Il s’agira dès lors de voir s’il n’y a pas moyen de dépenser plus efficacement les moyens disponibles.

Ainsi, n’y a-t-il pas moyen d’assurer des soins de santé de qualité sans pour autant laisser le budget enfler de 4,5 % chaque année? Comment peut-on raisonnablement justifier la péréquation des pensions dans le secteur public? Des choix difficiles devront être opérés. Du courage politique sera nécessaire. Mais c’est sans doute le prix à payer pour échapper au blâme, non pas de l’Europe, mais des générations qui nous succéderont.

par
Jean-Paul Bombaerts
Journaliste Économie

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