Dernier virage pour la Wallonie

4 milliards pour redresser le sud du pays.

Cela n’a pas été une sinécure. Depuis les élections du 26 mai dernier, le processus de formation du gouvernement wallon a tenu en haleine les plus mordus de politique. Version "série à suspense", on rappellera par exemple l’épisode de l’auto-exclusion des humanistes ou celui du "niet" dogmatique du PTB. Vint ensuite la rafraîchissante parenthèse du coquelicot menée par le PS et Ecolo avec un appel téméraire lancé à l’opposition pour soutenir une majorité (minoritaire) wallonne.

Le sentiment qui doit inspirer le nouveau gouvernement est celui de l’urgence.

Toutes ces péripéties dont l’ultime objectif était de contourner les libéraux laissaient craindre le pire dans l’accord présenté par les trois partis ce lundi. Au final, le projet politique que proposent PS, MR et Ecolo est à la fois inspirant et réaliste, sans être présomptueux.

Sur papier, les trois formations s’engagent à relever un triple défi autour des enjeux majeurs que sont la lutte contre la pauvreté, les défis climatiques et le redressement économique. Pour y arriver, certains – on pense aux libéraux – ont dû ravaler leurs promesses électorales en acceptant de reporter le retour à l’équilibre budgétaire à 2024 afin de permettre le financement de nouvelles politiques. L’exécutif pourra ainsi investir 4 milliards d’euros sous cette législature afin de booster l’emploi, dynamiser les PME et répondre aux enjeux climatiques et à ceux de la mobilité.

Derrière ce plan, le gouvernement a évité de s’engouffrer dans un vaste plan de marketing avec nom bien ronflant comme le fut le plan Marshall dans ses dernières années. On se limite à aligner les mesures et les moyens qui seront injectés.

On ne rappellera pas assez l’urgence qui attend la Wallonie. D’ici 2025, les transferts financiers du nord vers le sud diminueront de 10% chaque année pour se terminer en 2033. Le projet wallon présenté par les trois formations est donc le dernier avant le début du grand basculement. En d’autres mots, l’usage que fera la Wallonie de ces 4 milliards d’euros va être décisif pour son avenir. Il faudra miser juste!

On peut donc s’étonner d’une chose. À la lecture du projet, certaines mesures ont des allures de cadeaux. On pense en particulier au report de la taxe prosumer pour les propriétaires de panneaux photovoltaïques, à la réduction du précompte immobilier ou au bus gratuit pour les personnes plus âgées. Même si en apparence, ces trois cadeaux sont sympathiques pour les citoyens, ces décisions ne collent pas avec la philosophie globale du projet. Le sentiment qui doit inspirer le nouveau gouvernement est celui de l’urgence et du réalisme. Le temps des cadeaux est malheureusement révolu!

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