Dernière ligne droite

Martin Buxant

Le gouvernement Michel I fait sa dernière rentrée avant une année chargée en scrutins électoraux. L'occasion de faire un bilan des politiques fédérales menées jusqu'ici. Un bilan tout en discernement et en mesure, bien sûr.

Il faut se réjouir avec modération et se plaindre avec mesure, répétaient les Grecs anciens. Dès lors, en évoquant la rentrée politique, à quelques pas des élections locales et à quelques mois du triple scrutin de 2019, forçons notre caractère à la tempérance entre un gouvernement fédéral qui se gargarise/jubile/exulte (biffez la mention inutile) et une opposition politico-syndicale qui râle/peste/éructe (ici aussi, vous pouvez biffer).

En vérité, si l’on parle de rentrée et de projets, c’est plutôt de comptes et de bilan qu’il faut parler, tant les prochains mois, au Fédéral, se dessinent comme une ligne droite où il s’agira de fermer adroitement les cartons ouverts durant la législature.

Le sprint final de ce gouvernement fédéral consistera surtout à refermer les derniers cartons encore ouverts.

Rayon emplois, il faut reconnaître qu’une vraie dynamique a été créée tout en admettant qu’on ne crée pas davantage d’emplois en Belgique que dans les pays voisins. Le paquet emploi proposé par le Fédéral et les Régions est cohérent, la baisse des cotisations patronales et le système de dégressivité des allocations de chômage devraient produire des effets positifs; il faudra veiller à assortir le mécanisme d’une réelle redirection vers les métiers en pénurie, talon d’Achille de notre économie.

Beaucoup a été dit sur le tax shift et, ici aussi, la vérité est au milieu. Certes, il délivre davantage de pouvoir d’achat aux faibles et moyens revenus – il devra d’ailleurs être amplifié et étendu –, mais il faut également rappeler que la facture de cet allégement fiscal pèse sur les comptes publics des futurs gouvernements.

Ce qui amène au rayon budgétaire: de la part d’un gouvernement qui avait fait du retour à l’équilibre un mantra, on aurait pu attendre davantage de rigueur et d’orthodoxie.

Sur la croissance, il est idiot de crier, comme le fait l’opposition, qu’elle est supérieure dans les pays voisins; le raisonnement est biaisé. La Belgique a mieux résisté que d’autres à la crise financière, certains – les Pays-Bas, par exemple – tombant bien plus bas. Il est normal qu’ensuite, ces États se redressent avec une croissance supérieure.

Donc, un bon bilan en matière d’emploi et de dynamisation de l’économie, en matière de sécurité et de réforme de la Justice, également, un "pas mal mais peut mieux faire" en matière fiscale et budgétaire.

Des points encore en suspension – le remplacement des F-16 et l’entrée en Bourse de Belfius. Quid?

Et puis, des lacunes. On ne reviendra pas sur la Mobilité, compétence trop éclatée que pour y pointer la seule responsabilité du Fédéral, mais en énergie, par exemple, aucun signal clair n’a été donné au marché sur la fermeture du parc nucléaire. Va-t-on subitement fermer toutes les centrales nucléaires et construire six centrales au gaz? 2025, date de sortie, c’est demain et on est dans le gaz – façon de parler…

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