Derrière le délit, des hommes

L'arrestation du patron d'Audi pour son rôle dans le dieselgate est un signal: la justice ne doit pas s'arrêter aux portes des grands groupes, mais bel et bien mettre les têtes dirigeantes face à leurs responsabilités.

L’histoire nous dira si l’homme est finalement condamné. Rupert Stadler, le patron d’Audi, a en tout cas été incarcéré dans le cadre du "dieselgate". La présomption d’innocence, comme toujours, prévaut. Il est toutefois intéressant, dans tout le scandale du diesel, que des hommes soient inquiétés et pas juste les entités juridiques que sont les entreprises.

Un patron doit endosser les responsabilités de sa fonction, pas seulement encaisser ses rémunérations.

Trop souvent, on a eu l’impression dans les différents scandales touchant le monde des affaires, que ce soit le secteur automobile, bancaire ou autre, que les hommes s’en tiraient à bon compte, comme s’ils n’étaient responsables de rien. Dans le meilleur des cas, l’entreprise paie une amende. Dans le pire, c’est le contribuable qui passe à la caisse quand l’entreprise est devenue "systémique" et impossible à laisser tomber en faillite. C’est trop facile.

Le rôle de patron de grande entreprise comporte son lot de responsabilités, au sens premier du terme. Souvent, le citoyen crie au scandale face à leurs rémunérations, mais on aimerait qu’il crie quand les patrons n’endossent pas les responsabilités liées à leur position. Gagner des (dizaines de) millions n’a jamais tué personne. Cacher des éléments nocifs pour la santé, ruiner des milliers de familles après leur avoir ouvertement menti, ou blanchir l’argent des cartels est bien plus grave.

Il serait donc bon de suivre l’exemple Volkswagen. Il faut poursuivre la responsabilité des personnes et pas seulement celle des entreprises quand de tels scandales voient le jour. Et là aucun pays n’est blanc.

Combien de fois avons-nous entendu en fanfare que de grandes entreprises payaient une "amende record" en l’échange de la fin des poursuites? Ce qu’on oublie souvent de dire en corollaire, c’est que ce genre d’accord désengage la responsabilité personnelle des dirigeants d’alors. Une erreur à ne plus commettre à l’avenir. L’entreprise n’étant finalement composée que d’une communauté d’hommes. Et le citoyen lambda a, lui, bien plus de difficultés face à une justice pourtant censée être la même pour tout le monde.

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