Des chiffres et des lettres

©Nima Ferdowsi

Consonne : V. C’est le scénario « rêvé » par les autorités américaines. Voyelle : U. Beaucoup plus probable mais forcément moins optimiste. Consonne : W. Le spectre des montagnes russes, des espoirs douchés… Bref, du chaos prolongé. Consonne : L. Le grand favori des prophètes de malheur genre Nouriel Roubini. Quelle forme prendra la reprise et, ce faisant, la récession dans laquelle le monde se trouve aujourd’hui plongé ? Pas de réponse ? Question suivante. Un peu de calcul mental, maintenant. Quand Washington annonce une contraction du PIB de 6,2 % au 4e trimestre, c’est tout juste si les Européens ne versent pas une larme de pitié.

Bruxelles (L'Echo) - Consonne : V. C’est le scénario  « rêvé » par les autorités américaines. Voyelle : U. Beaucoup plus probable mais forcément moins optimiste. Consonne : W. Le spectre des montagnes russes, des espoirs douchés… Bref, du chaos prolongé. Consonne : L. Le grand favori des prophètes de malheur genre Nouriel Roubini. Quelle forme prendra la reprise et, ce faisant, la récession dans laquelle le monde se trouve aujourd’hui plongé ? Pas de réponse ? Question suivante. Un peu de calcul mental, maintenant. Quand Washington annonce une contraction du PIB de 6,2 % au 4e trimestre, c’est tout juste si les Européens ne versent pas une larme de pitié.

Ce qu’ils oublient c’est que la présentation statistique diffère de part et d’autre de l’Atlantique. Calculé en « rythme annuel », qui est l’usage aux Etats-Unis, l’Allemagne, par exemple, fait bien pire que les Etats-Unis, à savoir - 8,5 %. Mirage des chiffres, magie des lettres. Le cocktail forme une équation aux contours totalement hermétiques. Sauf pour quelques grands mages de la finance.
Trichet, par exemple, vient d’avoir un flash : la reprise se rapproche. Sans jamais toutefois livrer les nouveaux indices qu’il décèle. Au même moment, Warren Buffett dit ne pas voir de reprise aux Etats-Unis avant 5 ans. Qui a raison, qui a tort ? Coup d’œil aux marchés qui, c’est bien connu, ont, eux, toujours raison.

Depuis deux jours, ils vivent sur un petit nuage, rassurés par le sort de la banque américaine Citigroup, qui a indiqué avoir été de nouveau bénéficiaire en janvier et février, dans un mémo interne signé du CEO. Sacré Vikram Pandit ! L’histoire du mémo interne d’abord. Qui s’envole par la fenêtre pour atterrir à la rédaction du Wall Street Journal au moment où chacun guette les convulsions de l’ex-n°1 mondial du secteur. Quel timing ! Et une banque qui serait profitable mais avant impôts et surtout hors problèmes immobiliers parce que forcément c’est un peu difficile à évaluer en ce moment… Quelle info !

En vérité, au jeu du « devine de quoi demain l’avenir sera fait », rien ne vaut quelques statistiques éprouvées et une bonne calculette. En régime de croisière, l’économie belge progresse au rythme de 2 %. Le FMI s’attend à une croissance négative de 2,5 % cette année. Soit un écart de 4,5 % du PIB. Environ 15,7 milliards. Rapportés à la population, chaque Belge va perdre cette année 1.471 euros avec la crise.

SV

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