Des crispations, peu d'enthousiasme

Visite de Donald Trump à Bruxelles

La visite d’un Président américain en Belgique occasionne toujours un véritable branle-bas de combat dans le royaume. Les autorités belges se préparent nerveusement à recevoir le dirigeant le plus puissant de la planète. Le Palais sort sa plus belle argenterie. Les forces de police sont sur les dents. Les automobilistes cherchent des circuits alternatifs dans les rues de Bruxelles. Les protestataires anti-américains, pacifistes, alter-mondialistes mettent la dernière touche à leurs banderoles.

Dans quel état d’esprit Trump arrivera-t-il à Bruxelles, ce "trou à rats", selon ses dires?

Ce mercredi, alors que Donald Trump est attendu à Bruxelles, les choses sont un peu différentes. Quatorze mois après les attentats du 22 mars, les exigences en matière de sécurité sont encore plus poussées que d’habitude. Mais surtout, l’ambiance n’est clairement pas la même qu’en mars 2014 lorsque Barack Obama était venu chez nous. Il faut dire que cela faisait cinq ans que la Belgique attendait la visite de ce Président au statut de rock star. Même en février 2005, lorsque George W. Bush était venu à Bruxelles, alors que la Belgique avait fait partie des détracteurs les plus virulents de "sa" guerre en Irak, l’excitation de voir débarquer le Président des Etats-Unis avait pris le dessus.

Cette fois, c’est surtout la crispation qui est palpable. Dans quel état d’esprit Trump arrivera-t-il à Bruxelles, ce "trou à rats" (selon ses dires de janvier 2016), cette capitale d’une Europe en train de se préparer à un Brexit dont il s’est tant félicité? Comment éviter tout incident avec un Président imprévisible et incapable de canaliser ses sentiments? Voilà ce que se demandent ceux qui le rencontreront. À l’Otan, où Trump se rendra demain, les délégations ont reçu pour mot d’ordre de s’en tenir scrupuleusement à des discours brefs, histoire de ne pas perdre Trump en cours de route. ça en dit long. Et si le Premier ministre Charles Michel a annoncé hier à la Chambre que le gouvernement allait immédiatement mettre fin à ses économies en matière de défense, ce n’est évidemment pas un hasard. Reste à espérer que Trump aura été briefé au sujet de ce geste de bonne volonté et qu’il ne lui remontera donc pas les bretelles aujourd’hui…

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