Des géants technos toujours plus gros

Jennifer Nille

Facebook influence les élections, Google domine Internet et Amazon menace la poste? Pas de quoi décontenancer les marchés ! Donald Trump et Margrete Vestager ont beau crier à l'unisson, ils sont encore loin d'arriver à démanteler ces groupes tentaculaires.

Le New York Times a récemment calculé que la valeur boursière d’Apple, qui a dépassé cette semaine 1.000 milliards de dollars, équivaut à celle des quatre grandes banques américaines, et de l’ensemble du secteur des médias aux Etats-Unis. Cela montre le poids d’Apple.

Seuls les autres géants technologiques comme Amazon, Alphabet (Google) et Microsoft peuvent rivaliser avec le groupe à la pomme, en termes de capitalisation boursière. Apple n’inquiète pas les gouvernements, car le groupe dispose de concurrents de taille sur le marché des smartphones, qui représentent toujours le segment le plus important de ses revenus. Il s’est même fait détrôner par le fabricant chinois Huawei à la deuxième place du marché des smartphones, derrière Samsung.

La taille du géant technologique Alphabet gêne en revanche de plus en plus les gouvernements. En Europe, le géant de l’internet collectionne désormais les amendes. La commissaire européenne Margrethe Vestager souhaite qu’Alphabet soit scindé, car il occupe une position dominante parmi les moteurs de recherche sur internet. Mais les investisseurs n’en ont cure, et le groupe non plus. Lors de la publication de ses résultats du deuxième trimestre, il a battu les attentes du marché. Et le titre ne cesse de progresser, presque indifférent aux déboires des valeurs technologiques ces deux dernières semaines.

Aux Etats-Unis, l’amende de 5 milliards de dollars infligée à Google a provoqué une vive réaction du président Donald Trump. Mais celui-ci a pourtant dans son viseur un autre géant du secteur technologique: Amazon. Le président américain considère le géant du commerce en ligne comme un monopole, et promet déjà depuis quelque temps des taxes supplémentaires pour la société de Jeff Bezos.

Mais il n’est pas certain que les Etats-Unis, sous l’ère Donald Trump, prennent des mesures concrètes pour mettre des bâtons dans les roues d’Amazon. Pourtant, ce n’est pas impossible, car aux Etats-Unis, en 1984, sous l’ère Ronald Reagan, le monopole de la compagnie de télécommunications AT&T a été mis à mal par la scission du groupe en sept sociétés distinctes, revenues par la suite dans le giron d’AT&T pour la plupart d’entre elles.

Il n’est pas certain que les Etats-Unis prennent des mesures concrètes pour mettre des bâtons dans les roues d’Amazon.

Et il n’y a pas si longtemps de cela, après la crise financière, les discussions politiques tournaient autour de la scission des métiers bancaires. Mais la décision n’a jamais été prise, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe.

Désormais, les Faang (Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Alphabet) concentrent l’attention à cause de leur taille et de leur importance. Mais les marchés ne semblent pas inquiets d’une éventuelle scission d’Alphabet ou d’Amazon. Seuls quelques analystes citent le risque dans leur rapport sur ces sociétés, mais un risque parmi d’autres, autrement dit pas le principal.

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