Des lendemains qui déchantent

©Sofie Van Hoof

La crise chypriote laisse apparaître des fractures, graves et multiples.

Hier, le ministère des Finances et la banque centrale chypriotes menaient "des efforts intenses" pour permettre la réouverture des banques fermées depuis le 16 mars.  Une situation inédite dans la zone euro. 

En réalité, les dix jours dramatiques de la crise chypriote risquent de laisser davantage de traces que toutes les crises européennes réunies. Ce qui est un comble pour un pays qui pèse à peine 0,2% de la zone euro.

Cette crise laisse apparaître des fractures, graves et multiples. Vendredi dernier, "The Economist" avançait, à juste titre, que l’euro apparaît de plus en plus comme un mariage sans amour, dans lequel le coût de la séparation est la seule chose qui maintient encore les partenaires ensemble. 

"Je t’aime, moi non plus"… La crise chypriote a encore exacerbé les tensions entre les pays du nord de l’Europe et ceux du sud. L’"arrogante" Allemagne est pointée du doigt. Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble parle, lui, simplement de pays "jaloux" des succès allemands. Mais, on le sait, la jalousie ne bâtit jamais les grandes histoires d’amour.

 

Mais il y a aussi dans ce dossier chypriote ces tensions entre la Russie et l’Europe, deux amants qui se méfient l’un de l’autre, regardant sans cesse si un autre partenaire extérieur ne ferait pas mieux l’affaire. 

Et aussi, élément nouveau, ces éclats de voix entre la Commission européenne et le Fonds monétaire international de Christine Lagarde. Cette dernière étant accusée d’obéir trop aveuglément aux "ayatollahs du Fonds", désireux de ne plus alourdir les dettes des pays en difficulté en faisant payer les déposants et créanciers des banques. 

Sans compter les critiques acerbes de membres de la BCE à l’égard de Jeroen Dijsselbloem, le petit dernier de la famille, accusé de mettre trop souvent les pieds dans le plat en tant que chef de l’Eurogroupe. N’en jetez plus…

Certes, on peut toujours espérer que "Super Mario" Draghi ramène une nouvelle fois le calme dans la famille européenne. Mais pour combien de temps? 

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