Des perspectives d'emplois à cinq ans pour bpost

Journaliste

Les Belges entretiennent une curieuse relation avec leur opérateur postal historique. D’amour-haine, dirions-nous. L’héritage du passé, pour l’essentiel.

Aujourd’hui, ils doivent néanmoins convenir que l’entreprise tourne rond et qu’elle livre non seulement du courrier et des colis, mais aussi des résultats. Plutôt bons, a fortiori, quand on les compare à ceux des concurrents des pays voisins (PostNL, par exemple). Ces performances ne tombent pas du ciel, mais sont les fruits d’une gestion prudente ainsi que d’une stratégie manifestement bien conçue. L’entreprise a mué et continue de le faire, en mettant le paquet… sur les colis et la logistique autour de l’e-commerce. Difficile de critiquer ce choix, cette vision. Sa transformation implique celle d’une série de fonctions en son sein, de même qu’un rééquilibrage de ses diverses activités.

Le défrichement de nouveaux métiers pourrait aboutir, à terme, à la génération d’emplois nouveaux.

Que, dans ce contexte, bpost décide de sous-traiter entièrement le nettoyage et le catering n’a rien de surprenant: la société se recentre sur l’essentiel. Sur le plan social, le dommage sera a priori limité, puisque l’appel d’offres prévoit que les futurs partenaires extérieurs reprendront le personnel. Il en ira autrement de ses services de call centers, car là, il y aura malheureusement suppression d’emplois: 90 à 130 postes sont visés sur un total de 375, sans possibilité de transfert.

Bpost n’a cependant pas cédé à la facilité, en délocalisant ces services à l’étranger, par exemple. Il va en revanche automatiser davantage ses contacts avec ses clients, ce qui laisse entendre que des humains seront en partie remplacés par de l’intelligence artificielle. Faut-il le déplorer? Encore une fois, l’objectif est de maintenir l’entreprise sur les rails de la performance, condition sine qua non au maintien et, mieux, à la création d’autres emplois. Ne vaut-il pas mieux un verre à moitié plein, qu’on se propose de remplir, qu’un à moitié vide, que l’on envisage de renverser? Traduisez: une dose de recentrage et de la technologie de pointe, avec un projet d’avenir, plutôt que le statu quo, synonyme d’obsolescence prochaine…

L’opérateur postal n’a pas abordé publiquement ce point jusqu’ici, mais son processus de transformation et le défrichement de nouveaux métiers qu’induit celle-ci pourraient aboutir, à terme, à la génération d’emplois nouveaux. C’est sur ce terrain-là qu’on devrait fixer rendez-vous aux dirigeants de bpost: quelles perspectives pour l’emploi global d’ici cinq et dix ans? Une piste à suivre dans le dialogue avec les partenaires sociaux.

Lors de la libéralisation du secteur postal, en 2011, la Commission européenne avait tenu un discours similaire: la transformation, notamment par la diversification, des opérateurs historiques déboucherait à terme sur de la création d’emplois, avait-elle observé. Pas en restant les bras croisés, mais en faisant bouger les lignes, ajoute aujourd’hui bpost.

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