Des problèmes en série

Christine Scharff

Le béton de quatre réacteurs belges s’est dégradé. Et ce n'est pas de la malchance.

Comme à Doel 3 et à Tihange 3, le béton du plafond du bunker de Doel 4 et Tihange 2 s’effrite, a-t-on appris mercredi. Décidément, les mauvaises nouvelles n’en finissent pas de s’accumuler pour le parc nucléaire belge. Il y avait déjà eu les microfissures découvertes en 2012 dans les cuves de Doel 3 et Tihange 2, le sabotage de la turbine de Doel 4 en 2014 ou le soulèvement d’une dalle de béton à Tihange 1 en 2016. Début mai, on apprenait que le réacteur de Doel 1 devait être entièrement vidé de son combustible pour permettre la réparation d’une fuite dans le circuit de refroidissement de secours. Et aujourd’hui, il s’avère que de sérieuses dégradations du béton ont été constatées dans pas moins de quatre réacteurs belges.

Il ne s’agit plus, ici, d’une série noire, mais bien d’une loi des séries. Un phénomène qui fait cauchemarder dans le monde du nucléaire.

Il ne s’agit plus, ici, d’une série noire, mais bien d’une loi des séries. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Et si les réacteurs sont construits et entretenus sur le même modèle, ils ont toutes les chances de présenter les mêmes anomalies.

Le phénomène fait cauchemarder dans le monde du nucléaire. Parce que si le problème est de grande ampleur, les pays dont l’approvisionnement en électricité comprend une part importante de nucléaire risquent de se retrouver face à un terrible dilemme: couper l’électricité ou autoriser le fonctionnement des réacteurs malgré un risque accru. La France, en particulier, s’est déjà fait peur à plusieurs reprises, avec notamment des anomalies en série sur des groupes électrogènes de secours, ou plus récemment, des inquiétudes sur une série de générateurs de vapeur.

Le gendarme du nucléaire belge, l’AFCN, avait reproché en début d’année à Engie Electrabel un manque d’entretien du béton à Doel 3. La même négligence semble bien avoir concerné trois autres réacteurs. Et elle s’ajoute, selon plusieurs spécialistes, à un défaut de conception des bâtiments concernés. Une situation incroyable et inacceptable, dans un domaine aussi sensible que le nucléaire.

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