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L'édito de Martin Buxant | Le cdH ne veut plus gouverner avec le PS.

Un vrai centriste – héritier d’une longue tradition de démocratie-chrétienne – ça ne dit jamais vraiment oui et ça ne dit jamais vraiment non. Un centriste, ça hésite, c’est dans sa nature. Jugeons donc de la décision prise par le cdH de larguer son partenaire socialiste en pleine législature dans la nuance. D’un côté – d’un point de vue sociétal –, ce qu’a fait et ce qu’a laissé faire le PS durant des années, l’excuse prise par les centristes pour saborder les gouvernements, avec le point culminant de la scandaleuse affaire Mayeur/Peraïta, est inadmissible et témoigne non seulement du peu de sens du bien public qui animait certains responsables dans ce parti mais aussi du manque de garde-fous mis en place pour empêcher ces dérives. On peut le tourner dans le sens qu’on veut – on n’excuse pas non plus les dérives dans les autres partis – mais de Charleroi à Liège en passant par Bruxelles, cela fait plus de dix ans que les "parvenus" auraient du être virés de cette formation politique. Point.

D’un autre côté, lâcher son partenaire alors qu’il est au plus bas, aux soins intensifs, ce n’est pas joli, on vous l’accorde. Le cdH s’offusque un peu tard, cela fait des années qu’il est dans la roue socialiste. Tels les carabiniers d’Offenbach, au cdH, on semble découvrir aujourd’hui qu’il y a de la mauvaise gouvernance au PS. Benoît Lutgen est aux commandes d’un parti menacé de disparation; c’est le syndrome du Titanic. On explose une coalition politique deux ans avant son terme, on amène de l’instabilité à un pays et à des francophones qui n’ont pas besoin de cela, et on espère sauver son navire. Ce n’est pas très glorieux, mais ça peut fonctionner.

On vous laisse le soin de soupeser les deux côtés de cette équation.

Et on arrive sur le fond, celui qui importe davantage, finalement, que la couleur des coalitions que nous aurons à Namur et à Bruxelles.

Où en est-on avec le redressement de l’économie wallonne? Voit-on vraiment des signes de reprise et de dynamisme économique fulgurants? A-t-on mis en place une politique fiscale et entrepreneuriale digne de ce nom?

A-t-on cet enseignement d’excellence avec lequel on nous bassine les oreilles depuis des années? Forme-t-on des enfants ouverts aux sciences, aux langues, à la culture? Forme-t-on des enfants heureux et prêts à embrasser le monde?

A-t-on pris à bras-le-corps le problème de la mobilité à Bruxelles? A-t-on compris que cette Région suffoquait et a-t-on agi en conséquence?

A-t-on pris les devants en matière d’éthique et de gouvernance?

NON.

Et le bulletin de ces coalitions est largement insuffisant.

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