Deutschland über alles

©Nima Ferdowsi

L’avenir de la zone euro se joue sans doute un peu à Athènes, en partie à Bruxelles mais surtout à Berlin. Berlin qui, après quelques hésitations bien légitimes, a finalement décidé de ne pas laisser tomber la Grèce.

Bruxelles (L'Echo) - Pour la forme, hier, au terme du sommet européen, tout a bien évidemment été présenté dans un bel emballage cadeau, tout bleu tout beau, moucheté comme il se doit des 12 étoiles européennes, mais chacun sait que sans l’aval de Merkel rien, absolument rien n’aurait pu se faire.

Quelque part, soyons honnêtes, même si on ne connaît encore rien des modalités pratiques de ce plan  - ce qui continue d’ailleurs à peser sur l’euro - c’est le soulagement qui prévaut.

C’en est presque réconfortant  de voir l’Allemagne endosser à nouveau son rôle de leadership en Europe. Cela fait plaisir aussi de constater que le pragmatisme l’a emporté sur le dogmatisme rigide auquel les Allemands nous ont parfois habitué par le passé.
Et puis, même si le cafouillage est devenu officiellement une marque de fabrique européenne, le simple fait qu’il y ait eu accord, est rassurant pour l’avenir de l’Union. Hans, le teuton, ne se désintéresse donc pas complètement du sort de Christos, l’Hellène. Car l’un et l’autre sont indissociablement liés ; embarqués dans un voyage au long cours sur un même bateau appelé euro.

Bien sûr, si l’Allemagne est prête aujourd’hui à mettre la main au portefeuille, elle le fait à contre-cœur. Mais Berlin ne pouvait plus rester dans une position d’attente. Dès le moment où elle a compris que la Grèce pouvait bien diviser par 10 ou par 100 ses dépenses publiques, que cela ne changerait rien aux pressions sur la zone euro, elle est sortie du bois pour sauver son bébé, l’euro. Car oui, c’est bien d’un sommet sur l’avenir de l’euro dont il était question hier. Et pour la 2e fois de sa jeune histoire, il bénéficie de la crédibilité en beton armé de l’Allemagne et de sa réputation de stabilité financière.

La première fois c’était quand les Allemands avait accepté de fondre leur deutschmark dans la grande marmite européenne.

SVD

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