Deux entreprises dans l'incertitude

Jean-Pierre Clamadieu, président d’Engie.

Le brillant parcours de Jean-Pierre Clamadieu qui, après avoir sauvé Rhodia, a profondément transformé le groupe de chimie Solvay, rend sa nomination comme président d’Engie tout à fait légitime – un choix officiellement confirmé mardi en fin de journée.

Son accession à ces nouvelles fonctions ouvre toutefois une période d’incertitude chez deux mastodontes du Bel 20 et du CAC 40. Chez Solvay d’abord, habitué à des plans de succession mieux anticipés, où il va progressivement garder la direction, le temps que le conseil d’administration lui trouve un successeur. Même si Jean-Pierre Clamadieu n’endossera sa casquette de président d’Engie qu’en mai et que Solvay s’est donné pour objectif de boucler son remplacement d’ici la fin de l’année, assumer de front les deux postes sera beaucoup pour un seul homme. Pour donner une petite idée, Solvay, c’est 11 milliards de chiffre d’affaires, 139 sites dans 58 pays, et 27.000 employés. Et Engie, c’est 67 milliards de chiffre d’affaires, des activités dans 70 pays, et près de 150.000 collaborateurs…

Incertitude surtout chez Engie, où ce n’est plus un secret qu’Isabelle Kocher aurait bien ajouté les responsabilités de présidente du conseil à sa fonction de directrice générale, comme Gérard Mestrallet l’a fait pendant des années. Même si la décision de l’État français de garder scindés les deux postes, comme c’est le cas depuis 2016, est plutôt saine, la cohabitation n’est pas gagnée.

D’abord, parce qu’elle sonne comme un désaveu de la patronne d’Engie par l’État français. Ensuite, parce qu’un premier conflit aurait déjà opposé les deux dirigeants en 2015. Enfin, parce que l’abandon par Jean-Pierre Clamadieu de ses fonctions exécutives chez Solvay à 59 ans pourrait en faire un président encombrant, peu enclin à se contenter d’un rôle de l’ombre.

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