Di Rupo au pied du mur

Ainsi donc, ils s'offrent une semaine de congé. Méritée sans doute, nécessaire certainement. Il fallait empêcher l'enlisement fatal, éviter de répéter la catastrophe de l'Orange bleue en permettant à chacun de prendre du recul par rapport au blocage persistant. Car, manifestement, l'absence totale de réponse à leurs ouvertures y compris sur l'emploi et la fiscalité- commence à désespérer les Francophones. Les petits pas ne pourraient-ils se faire que dans une seule direction ?

L'heure est d'autant plus grave que, dans la configuration politique actuelle, on ne voit personne prêt à réussir là où Elio Di Rupo aurait échoué.

Cela confère une responsabilité particulière au président du PS. Il doit mettre à profit "la parenthèse familiale" pour sortir de son rôle de notaire et élaborer lui-même une amorce de compromis.

"C'est le rôle du formateur, pas le mien", objecte l'intéressé.

Cessons de jouer avec les mots: la préformation n'est rien d'autre que l'élaboration du programme institutionnel du prochain gouvernement et donc un travail de "formation" d'un exécutif. Il était utile de le distinguer du volet socio-économique, car les majorités pourraient être différentes.

Il aurait pu être intéressant de distinguer aussi les formateurs, en confiant le premier chapitre à Bart De Wever, vu qu'il en fait un préalable à la négociation sur le second chapitre. Cela n'a pas été retenu.

Qu'il le veuille ou non, Di Rupo se retrouve donc déjà dans un costume de formateur. Et il doit agir comme tel. Il doit sortir du bois et rédiger lui-même une sorte de canevas institutionnel, afin de porter la discussion plus loin.

Si le président de la N-VA le rabroue encore d'un revers de main, chacun saura alors que le thème de la pièce a changé. En sachant que, même s'ils ne parlent plus scission de BHV mais scission de la Belgique, Flamands et Francophones devront toujours négocier ensemble.

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