Dissocier croissance et or noir

Ce n’est pas un hasard si la communication du commissaire européen à l’Énergie, Günther Oettinger s’est faite au lendemain de la publication du World Energy Outlook.

Ce n’est pas probablement pas un hasard si la communication du commissaire européen à l’Énergie, Günther Oettinger, pour une politique énergétique intégrée s’est faite au lendemain de la publication du World Energy Outlook, la boule de cristal annuelle de l’Agence internationale de l’Énergie. Que nous dit ce rapport? Que le pétrole va devenir de plus en plus cher, ce que personne n’ignore plus. Mais aussi qu’il va être de plus en plus absorbé par les pays émergents et en développement dont les progrès économiques s’appuient sur des flux massifs d’hydrocarbures.

Pour l’Europe, le défi est donc double. Non seulement, les énergies fossiles, surtout le pétrole, se raréfient mais le risque existe réellement aujourd’hui de voir les routes énergétiques converger vers le continent asiatique, aux dépens du vieux continent. Lutter indéfiniment contre cette menace semble vain. En comprenant qu’elle n’est plus le centre du monde, le port ultime de toutes les matières premières que la terre peur offrir, l’Europe admettra qu’il est grand temps de ressortir les vieux slogans. Et qu’à défaut d’avoir du pétrole, il faudra à nouveau avoir des idées.

Il y a près de 40 ans, lors de la première crise pétrolière, la dynamique née de la crainte de manquer d’or noir dans les pays industrialisés avait poussé à développer l’énergie nucléaire. Aujourd’hui, chacun est conscient que le but doit être fixé vers une société moins énergivore pour parvenir à délier les notions de croissance économique et de consommation énergétique.

C’est un défi mais aussi une chance pour l’Europe de pouvoir mener la prochaine révolution énergétique du watt ou du baril de moins. Les progrès existent (qui connaissait l’existence, il y a 5 ans, des "constructions passives"?). Mais ils sont lents. Et c’est parce qu’ils le sont que les décideurs préservent les vieilles recettes en prolongeant les centrales nucléaires. Au risque de laisser croire qu’en quatre décennies on n’a pas fait plus performant.

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