Donald Trump dans tous ses états

Catherine Mommaerts

Donald Trump a repris le chemin de la campagne électorale.

L’occasion pour lui de soutenir certains candidats républicains aux élections de mi-mandat (contre l’avis de ses proches conseillers politiques). Mais, surtout, de rappeler à quel point il est génial (c’est plus fort que lui), que les grands médias sont tous malhonnêtes (à l’exception de Fox News, le média conservateur à qui il accordait mercredi une interview à la Maison-Blanche) et qu’il fait l’objet d’une véritable chasse aux sorcières (les oreilles du procureur spécial Rob Mueller ont encore sifflé).

Ces derniers jours, il est ainsi allé galvaniser ses troupes dans l’Ohio et en Virginie-Occidentale, où il a promis, au passage, de relancer la production du charbon en assouplissant les normes environnementales imposées aux centrales à charbon.

En contact direct avec ses partisans les plus enthousiastes, Trump s’amuse comme un petit fou. Des partisans HEU-REUX de voir leur président remplir ses promesses électorales les plus folles et convaincus que cette politique du "nous d’abord" et du "nous contre tous" profitera à l’Amérique. Trump le sait et son ego adore.

Cette semaine, tout aurait donc été pour le mieux dans le meilleur des mondes pour lui si deux de ses anciens proches collaborateurs – son ex-directeur de campagne Paul Manafort, et son ex-avocat Michael Cohen – n’avaient pas joué les trouble-fêtes. Le premier en se retrouvant officiellement accusé de fraudes bancaires et fiscales, et le second en avouant avoir versé de l’argent à deux anciennes maîtresses de Trump (à la demande de ce dernier) pour acheter leur silence avant la présidentielle de 2016.

Il n’en fallait pas plus pour qu’experts politiques et médias américains spéculent sur les informations compromettantes au sujet de Trump que les deux hommes auraient pu jusqu’à présent garder bien au chaud, et qu’ils pourraient bientôt lâcher en pâture aux enquêteurs du FBI, histoire de sauver leur peau. Des informations qui pourraient peut-être finir par déboucher sur une procédure de destitution, qui sait?

Et là, Trump a (évidemment) vu rouge. Il s’en est à nouveau pris à Jeff Sessions, son ministre de la Justice, à qui il reproche, en substance, de refuser de le couvrir. Il y a mieux pour convaincre les enquêteurs du FBI, le Congrès (seul habilité à lancer une procédure de destitution) et le public qu’on n’a rien à se reprocher…

Mais Trump a toujours agi de la sorte: pour se défendre, il attaque. Jusqu’à présent, il s’en est bien sorti et ses "fans" adorent ses coups de gueule. Mais l’étau est en train de se resserrer. Et Trump a certainement intérêt à commencer à écouter ses conseillers juridiques et politiques les plus avisés. Ceux qui l’enjoignent à la retenue depuis le début de l’enquête du FBI sur le Russiagate. Sauf que la retenue, ce n’est vraiment pas le "truc" de Trump…

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