EDITO: Faut-il montrer du doigt les gros salaires?

8615 ©Nima Ferdowsi

Transparence oblige, il n'y a qu'à se pencher sur les rapports annuels des entreprises pour connaître les salaires des patrons d'entreprises. En plus, on est certain que le sujet va interpeller le grand public. Pour de multiples raisons, bonnes et mauvaises.

Comme chaque année à pareille époque, la rémunération des top managers fait la " une " de l'actualité. Dorénavant, transparence oblige, il n'y a qu'à se pencher sur les rapports annuels des entreprises pour trouver cette information. Mais c'est un sujet sensible, qui continue, bon an, mal an, à faire couler beaucoup d'encre.

Car quand on parle du salaire des patrons, on est certain que l'on va interpeller le grand public. Pour de multiples raisons, bonnes et mauvaises. Au-delà de la facilité apparente qu'il a à jeter en pâture au public des sommes astronomiques, la problématique est en tous cas loin d'être simple. Evidemment, on est choqué de voir augmenter la rémunération d'un top manager qui n'a certes pas ménagé sa peine au cours de l'année écoulée mais qui n'a pas pu empêcher le cours de Bourse de la société de s'effondrer.

Mais dans le même temps, on ne peut nier qu'un certain voyeurisme se mêle à la pure curiosité intellectuelle liée à la rémunération des puissants de ce monde. Que les montants en question sont tellement différents du salaire de base que leur hauteur échappe largement à notre entendement. Et que le grand public n'est sans doute pas le mieux placé pour juger de l'ampleur des responsabilités et des risques endossés par les chefs d'entreprises. Par rapport aux responsabilités et aux risques d'un champion sportif, par exemple.

Nos hommes politiques, qui brûlent d'intervenir dans le dossier --ils y songent par le biais des entreprises publiques-- y regarderont cependant à deux fois. Le ministre des Entreprises publiques a ainsi suggéré que ce soient les actionnaires eux-mêmes qui interviennent pour fixer la rémunération des dirigeants d'entreprises. Mais à leur tour, les actionnaires disposent-ils des informations suffisantes pour faire le poids face à la ditrection des entreprises ? Une question difficile, assurément.

 

Martine Maelschalck

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