EDITO : J’étais le meilleur. Je veux être le plus grand.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après avoir seriné pendant des mois — que dis-je, des années- qu’il voulait être le meilleur et non le plus grand, InBev a tourné casaque. Si son OPA aboutit, il deviendra le Maître incontesté du houblon de par le monde.

Bruxelles (L'Echo) - Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après avoir seriné pendant des mois — que dis-je, des années- qu’il voulait être le meilleur et non le plus grand, InBev a tourné casaque. Si son OPA aboutit, il deviendra le Maître incontesté du houblon de par le monde.

Cocorico national ? Oui. Et même bi-national — car les vivats devraient retentir autant à Sao Paolo qu’à Louvain.

Mais surtout un cocorico mérité. N’en déplaise aux grands observateurs du monde économique. Ceux qui jurent mordicus que les fusions ne créent qu’exceptionnellement de la valeur. A ceux-là nous poserons les questions suivantes. Où serait maintenant la CGER si elle n’avait pas fusionné avec la Générale de Banque ? Que brasserait encore Piedboeuf si elle ne s’était unie à Artois ?

Plus récemment, Fortis avait-il vraiment un autre choix que celui de mettre la main sur ABN Amro ?

Même en devant y mettre le dernier carat. Et Arcelor aurait-il eu pareil avenir en dehors de Mittal ?

Car si la création de valeur est hypothétique dans le cas d’une fusion, vivre en solitaire dans la jungle est mortel. A coup sûr. Alors entre manger et être mangé, certains groupes made in Belgium ont choisi. Quitte à y laisser un peu de leur belgitude. Mais entendre une pointe d’accent belge dans le Minnesota n’est-il pas plus jouissif que de pleurer une énième fois sur la faillite de la Belgique SA ? Les marchés financiers l’ont compris puisqu’ils ont salué l’opération en soutenant le cours d’InBev. Un cours qui était pourtant de plus en plus dépressif au fil des rumeurs d’OPA.

Et même si l’on pressent déjà qu’InBev devra ouvrir un peu plus largement les cordons de sa bourse -70 dollars ? 75 dollars ?- la stratégie convainc.

Carlos Brito semble donc doté d’un pouvoir de persuasion certain puisque, outre le marché, le Brésilien a également charmé les banques. Qui lui prêtent pas moins de 40 milliards de dollars. Rubis sur l’ongle. Alors qu’on parlait d’une augmentation de capital pour financer le mega-deal…

Reste maintenant à « Mister Cost Killer » à convaincre la belle Américaine de lui accorder sa main. Et pour cela, il ne ménagera pas ses efforts. Pour un peu, on en viendrait presque à croire qu’il ne s’agit pas d’un mariage de raison…

Anne-Sophie Bailly 

 

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