EDITO : La valeur ajoutée, antidote à la crise financière

©Nima Ferdowsi

Les apparences sont parfois trompeuses. Alors que les entreprises tentent de s’extraire des miasmes de la crise financière et énergétique, le ministère britannique du commerce prend tout le monde à contre-pied en annonçant une croissance à deux chiffres de la valeur ajoutée des entreprises européennes.

Bruxelles (L'Echo) - Les apparences sont parfois trompeuses. Alors que les entreprises tentent de s’extraire des miasmes de la crise financière et énergétique, le ministère britannique du commerce prend tout le monde à contre-pied en annonçant une croissance à deux chiffres de la valeur ajoutée des entreprises européennes.

La présence des géants pétroliers et gaziers parmi les plus gros producteurs de richesse n’a rien de surprenant. L’envolée des prix de l’énergie ne les oblige même pas à se décarcasser pour attirer le chaland. L’argent tombe tout seul dans les caisses. Pour l’instant en tout cas: les coûts d’extraction du pétrole ne feront qu’augmenter.

La présence massive des banques dans ce classement est plus étonnante. A première vue seulement.

Produire de la valeur ajoutée, c’est être en mesure de répondre au mieux à la demande de la clientèle. Cela peut se faire par différents canaux. Dans le domaine énergétique, la forte hausse de la demande et la poussée continue des prix du baril de pétrole facilitent les choses.

Les entreprises peuvent aussi créer de la richesse en lançant des produits innovants, en réduisant le coût des entrants, en améliorant la productivité. C’est dans ce schéma que s’inscrivent les banques.

Confrontées à une crise financière dont personne n’ose plus s’aventurer à pronostiquer la date de fin, elles déploient de gros efforts pour préserver leur clientèle ou pour l’élargir. Le succès croissant des banques par internet est là pour en témoigner.

Une entreprise peut aussi accroître sa valeur ajoutée en avalant l’un ou l’autre concurrent. A cet égard, l’acquisition, par Fortis, d’un bon tiers d’ABN Amro est une belle affaire. Le banquier amstellodamois occupe la 37ème place du classement britannique. Il dépasse de plusieurs coudées le groupe de la rue Royale, qui ne figure pas dans les cinquante premiers.

La création de richesse n’est pas une fin en soi. Mais dans un contexte général marqué par les dépréciations liées à la crise immobilière américaine, les banques s’accrochent à tout ce qui est possible pour rester à flot.

Dans le contexte actuel, le portefeuille clients est précieux. Rien ne dit d’ailleurs que la conjoncture restera aussi favorable dans les années à venir. La période de croissance que l’on a connue, qui a dopé la création de richesse, est révolue. On peut donc s’attendre à une stagnation, voire à un recul, de la croissance de la valeur ajoutée des entreprises.

Luc van Driessche

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