EDITO: Les clichés flamands ont leur négatif wallon

1308 ©Nima Ferdowsi

Le professeur Quévit a décortiqué les « interprétations déformantes » des réalités économiques de la Flandre et de la Wallonie. Sa thèse : s’il y a un réel écart entre les situations, n’allons pas jusqu’à confondre un fossé et un précipice.

Le professeur Quévit a décortiqué les « interprétations déformantes » des réalités économiques de la Flandre et de la Wallonie. Sa thèse : s’il y a un réel écart entre les situations, n’allons pas jusqu’à confondre un fossé et un précipice.

Au terme de sa démonstration, il a l’audace de s’écarter des chemins économiques pour se pencher sur les motivations de ces « interprétations déformantes ». L’utilisation des clichés pour stigmatiser les Wallons -élément historiquement neuf dans le nationalisme flamand- alimente sciemment un fond séparatiste au nord du pays, constate-t-il. Attardons-nous ici sur la reprise de ces clichés par les Wallons eux-mêmes.

De manière très étonnante, ils se sont en quelque sorte appropriés les critiques à leur égard. Cela a généré un fatalisme ambiant, qui finirait presque par donner raison aux clichés. Quand Google s’installe dans le Borinage, les plus sceptiques, ce sont les Wallons. Quand une éminence risque deux phrases positives successives, les Wallons ironisent sur la méthode Coué.

Or pour que la reconversion économique trouve sa vitesse de croisière, pour que les Contrats d’avenir et Plan Marshall apportent leurs fruits, il faut impérativement que la population y croie. Les actions de mise en valeur des talents wallons, de ces dizaines d’entreprises, leaders mondiaux ou européens dans leur niche, vont dans le bon sens. Elles gagneraient toutefois en crédibilité si le politique, qui a fonction d’exemple, osait démontrer que, lui aussi, il y croit. En actes, pas en paroles. Si le politique était convaincu du redressement, il n’éprouverait plus le besoin de « placer » des amis dans l’administration et instaurerait des sélections transparentes ; si le politique était convaincu du dynamisme de la machine, il n’exigerait plus de stricts équilibres sous-régionaux -le fameux saupoudrage- et concentrerait les forces sur les mesures ciblées ; si le politique était convaincu de la création d’emplois, il refuserait l’explosion des formations (pratiques pour occuper chômeurs… et formateurs) mais densifierait leur adéquation aux besoins des entreprises ; si, finalement, le politique était convaincu par ses propres mesures, il oserait une évaluation externe et indépendante.

Il reste au professeur Quévit et à ses collègues d’achever de les convaincre.
Et les clichés s’évanouiront.

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