Edito: Sept secrétaires d'État, un ministre-président...

©Nima Ferdowsi

L'événement politique de la journée, ce n'est pas la déclaration convenue d'Yves Leterme, ce n'est pas la promotion de Joëlle Milquet, ce n'est pas l'installation de sept secrétaires d'État. L'événement politique, c'est Elio Di Rupo qui l'a créé, en regroupant les gouvernements de la Région wallonne et de la Communauté française sous une même présidence.

Bruxelles (L'Echo) - Cette décision clarifie la direction de nos institutions. Elle désigne le numéro 1 francophone, celui qui discutera désormais d'égal à égal avec le ministre-président flamand Kris Peeters. Ce n'est pas la fusion des institutions, mais un pas fondamental vers une collaboration, une cogestion même, optimale. Cette simplification,  gage de bonne gouvernance, peut peser de manière positive sur les prochaines discussions communautaires.

On ne reprendra pas l'expression de "bonne gouvernance" pour la répartition des mandats fédéraux. Une nuit blanche pour rédiger un programme gouvernemental, on peut l'admette. Mais une nuit blanche pour se répartir des mandats... C'est la politique politicienne la plus caricaturale, celle qui entache tous ceux qui la pratiquent.

La véritable question de départ n'a jamais été posée : dans un pays qui compte 34 ministres régionaux et communautaires, faut-il nécessairement adjoindre des secrétaires d'État aux 15 ministres fédéraux? Lutter contre la fraude fiscale ou préparer la présidence de l'Union européenne exige des moyens humains, peut-être un ou deux relais de plus dans un cabinet. Mais pas forcément la logistique d'un secrétariat d'État.

L'histoire a cependant une morale: les plus gourmands au départ sont les plus marris à l'arrivée. En réclamant à cors et à cris un légitime renforcement de ses attributions, le MR a finalement perdu quelques plumes ministérielles pour engranger deux très minces secrétariats d'État.  À l'inverse, le cdH se retrouve avec deux ministres de fait. Et un œil direct sur tout le monde à travers le budget. Cela valait peut-être le coup de dire "Non" pendant un certain temps…

Les libéraux ont payé l'exigence  musclée, formulée par le FDF, juste au moment où s'ouvrait la "bataille de répartition". Légitime ou non, cette exigence a offert l'occasion de bousculer Didier Reynders jusque dans les cordes de la loyauté envers son propre cartel. Pour une fois que l'argument se retournait contre lui, personne ne s'en est privé.

Christophe De Caevel

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