Efforts de communication bienvenus à la BCE

Chroniqueur

Alors qu'elle rate son objectif depuis plusieurs années, la Banque centrale européenne a présenté sa nouvelle stratégie qui comprend un objectif d’inflation à "2 % à moyen terme". Christine Lagarde promet aussi une plus communication plus simple et moins jargonnante. Il était temps.

Pas de vraie révolution à la Banque centrale européenne, mais des questions qui subsistent. Tout en annonçant un grand plan d’action sur le changement climatique, l’institution de Francfort a présenté jeudi sa nouvelle stratégie de politique monétaire. Exit cet objectif d’une inflation "inférieure, mais proche de 2%" parfois difficilement compréhensible et qui datait de l’époque de Jean-Claude Trichet. Place désormais à un objectif d’inflation de "2 % à moyen terme", plus simple à cerner, selon sa présidente Christine Lagarde.

En résumé, la BCE pourrait permettre à l’inflation de dépasser 2% mais seulement de manière temporaire et modérée. Pas question d’autoriser des déviations durables et significatives par rapport à cet objectif. Mais que signifient exactement "temporaire" et "modérée"? Là est toute la question.

Cette nouvelle définition de l'objectif d'inflation peut apparaître comme une petite victoire des "colombes", les membres de la BCE favorables à une politique monétaire souple. Encore convient-il de se méfier des conclusions hâtives, tout en rappelant au passage que la BCE rate cet objectif des 2% depuis de nombreuses années.

Christine Lagarde fait miroiter des communiqués plus simples et plus concis, et même plus croustillants. Rendez-vous le 22 juillet.

Ceux qui pensaient que la BCE profiterait de sa grande revue stratégique pour modifier son mandat en sont pour leurs frais. Pas question de s'inspirer du "double mandat" de la Federal Reserve américaine: le plein emploi et la stabilité des prix. Un double mandat plus compréhensible pour le grand public que le seul objectif du maintien de la stabilité des prix poursuivi par la BCE. Il n'est pas toujours aisé d'expliquer qu'une trop faible inflation comporte des risques d'une spirale économique négative, les consommateurs reportant sans cesse leurs achats en attendant une nouvelle baisse des prix. La voie royale à la déflation.

Mais Christine Lagarde le promet: elle veut se rapprocher du grand public. Depuis trop longtemps, et nous l’avons regretté dans ces colonnes, les communications et conférences de la BCE apparaissent réservées à un petit cénacle de spécialistes où le jargon est roi:  QE, APP, PEPP, "approche holistique", "ancre de stabilité"... Le citoyen lambda n’y comprend absolument rien. La présidente de la BCE dit avoir compris le message lors des séminaires et échanges organisés avec les citoyens. Elle promet moins de jargon et fait miroiter des communiqués plus simples et plus concis, et même plus "croustillants". On attend de voir. Rendez-vous lors de la réunion de la BCE le 22 juillet.  

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