Éloge de la souplesse

Journaliste

La concertation sociale en échec.

Ce n’est qu’une demi-surprise: le syndicat socialiste a rejeté ce mardi le projet d’accord interprofessionnel tricoté par le Groupe des 10. On peut certes le déplorer, en n’oubliant toutefois pas qu’il s’agit du droit le plus strict de la FGTB. Surtout au terme d’un processus de consultation qui aura duré un mois. En somme, quand on pose une question à la "base", il ne faut pas s’offusquer de la teneur de sa réponse – c’est cela aussi, la démocratie.

Cela étant, on peut s’étonner du positionnement tactique adopté par la FGTB. Parce qu’elle envoie valdinguer un accord équilibré, qui contenait des contreparties à la faiblesse de la progression salariale qu’elle dénonce. Que risque à présent le syndicat socialiste? De se retrouver avec une norme salariale calée à 1,1% – s’agissant là du volet de l’accord le plus aisé à mettre en œuvre et le moins sensible sur le plan politique –, sans bénéficier des compensations que contenait l’accord, notamment un brin de flexibilité en matière de prépension – ce qui crispe tant la N-VA que l’Open Vld. Risqué.

À trop vouloir corseter une négociation, on finit par l’étouffer.

Voilà pour la FGTB. Passons à présent au gouvernement Michel, puisque c’est lui qui a la main. Il serait avisé de tout mettre en œuvre pour tenter de faire appliquer ce projet d’AIP dans son entièreté. Même si celui-ci va un peu à rebrousse-poil de la volonté affichée de durcir les conditions d’accès à la prépension et aux crédits-temps de fin de carrière. Pourquoi? Parce que Michel a échoué à élaborer une politique permettant d’accompagner efficacement et humainement les fins de carrière, qui doit nécessairement escorter tout allongement de la durée desdites carrières – ainsi attend-on encore la définition des métiers pénibles.

Pour la route, un petit mot pour le futur gouvernement. À qui l’on conseillerait de se pencher à nouveau sur la loi de 1996 veillant sur la compétitivité. Sans doute l’équipage Michel, voulant bien faire, a-t-il serré la vis un tour de trop, ôtant aux partenaires sociaux toute marge de manœuvre en matière de progression salariale. Or à trop vouloir corseter une négociation, on finit par l’étouffer.

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