En quête de bon sens

La Banque nationale au rapport.

Le rapport de la Banque nationale de Belgique (BNB), le premier de l’ère Pierre Wunsch, n’a pas été approuvé par les deux syndicalistes présents au Conseil de régence de l’institution, Marc Leemans pour la CSC et Robert Vertenueil pour la FGTB. L’an dernier, seule la FGTB s’était abstenue "en raison des passages du rapport soutenant explicitement la politique gouvernementale". Cette année, il était sans doute difficile pour les syndicats d’approuver le rapport alors qu’au même moment, ils mobilisaient leurs troupes pour la grève générale de mercredi.

Pourquoi ne pas s’inspirer des idées du prix Nobel d’économie Jean Tirole sur un "bonus-malus" sur le marché du travail?

Le rapport est-il trop libéral, l’étiquette politique portée par le nouveau gouverneur de la BNB? Pas vraiment. Après tout, la Banque nationale ne fait qu’énumérer une série de faits difficilement contestables et d’édicter des recommandations le plus souvent teintées de bon sens. En tant qu’autorité de contrôle, il est normal que la BNB suive de très près la hausse du taux d’endettement des ménages liée à la politique de crédit hypothécaire parfois trop généreuse du secteur bancaire.

Sur le plan de l’emploi, les syndicats ne peuvent que difficilement contester les 220.000 emplois net créés en l’espace de quatre ans. La Banque nationale le reconnaît, les nouveaux recrutements se sont opérés plus que par le passé en contrats à durée déterminée (CDD). L’an dernier, les emplois temporaires représentaient ainsi 46% des nouvelles embauches contre 34% il y a dix ans. Même si ces CDD constituent souvent un tremplin vers un emploi plus permanent, il ne faudrait pas qu’ils supplantent totalement les contrats à durée indéterminée.

 

Une solution serait de s’inspirer des idées du prix Nobel d’économie Jean Tirole sur un "bonus-malus" sur le marché de l’emploi. Il s’agirait de récompenser les entreprises qui privilégient les CDI par rapport à celles qui font un usage trop intensif de travailleurs temporaires, une politique plus coûteuse pour la collectivité. L’idée ne manque pas d’attraits, elle est d’ailleurs actuellement en débat en France. Pourquoi pas en Belgique?

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