Ensemble, c'est tout

Un emprunt européen de 750 milliards pour la relance.

Le plan de relance qu’a proposé ce mercredi la Commission européenne est ambitieux et nécessaire. Ambitieux par son ampleur: emprunter en commun 750 milliards d’euros pour en distribuer la plus grande partie aux régions et secteurs les plus touchés d’Europe est exceptionnel en soi. Nécessaire parce que si l’on veut donner une chance à l’Europe de sortir par le haut de cette crise, il faut impérativement s’abstraire des nombrilismes nationaux et penser la reprise à l’échelle du continent.

L’Europe nous a habitué ces dernières années à planter des graines en attendant de voir si on les arrosera. Cette fois, c’est différent.

Le plan semble juste, aussi, en ce qu’il n’accable pas les pays les plus exposés à la crise pandémique – par le hasard et par la structure de leur économie. L’argent emprunté en commun doit servir à moderniser les soins de santé, investir dans une économie neutre en carbone, plus numérique, plus résiliente. Il sera pour l’essentiel distribué aux États membres sous forme de subsides parce qu’il n’est heureusement pas question cette fois de ressortir le tandem prêts-austérité enfourché lors de la dernière crise.

Pour être juste, ce plan devra aussi être à la hauteur de la promesse qu’il fait d’accélérer la mutation de l’Europe vers une économie sans carbone, le grand défi de ce début de siècle. C’est à la génération de 2058, qui terminera de rembourser ce grand emprunt, qu’il reviendra de juger si notre génération aura respecté les suivantes.

La partition et l'orchestre

Même si l’on peut souhaiter un grand bond vers une Europe fédérale, il faut encore souligner que ceci n’est pas une tentative de l’imposer par la bande. Non, ce n’est pas le "moment Hamiltonien" qu’attendent les européistes en se référant à l’intégration des États-Unis par une mise en commun de dettes: l’opération est exceptionnelle, à la hauteur des circonstances, et elle ne pourra en aucun cas servir à éponger les dettes passées.

L’Europe nous a habitués ces dernières années à planter des graines en attendant de voir si on les arrosera. Cette fois, c’est différent. D’une catastrophe, la Commission veut faire une opportunité. Reste bien sûr à voir si les Vingt-Sept sont tous prêts à jouer cette partition. Prêts à défendre auprès de leurs opinions l’intérêt de reconstruire ensemble un marché unique stable et des chaînes de valeurs solides plutôt que rabâcher une logique comptable de courte vue. Il est impossible de construire une Europe forte et ambitieuse à coups de "I want my money back": les Britanniques sont bien placés pour le savoir et les Allemands semblent l’avoir compris. Ce n’est pas la Lune que montre Ursula von der Leyen, puissent les irréductibles frugaux cesser de regarder son doigt.

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