Entendre et accepter le message des Grecs

Les Grecs se rendent aux urnes ce dimanche et sauf énorme surprise, ils vont massivement voter pour une coalition de partis de la gauche radicale: Syriza.

Un peuple révolté par de longues années d’incurie, meurtri par cinq ans de crise, blessé par la condescendance de ses voisins, s’en va sourdement crier sa colère dans les urnes. Il va se raccrocher à un espoir de changement incarné en la personne d’Alexis Tsipras. L’anticapitaliste, l’"antiaustéritaire". La radicalisation des esprits est compréhensible au vu de la violence et des épreuves que les Grecs ont eu à endurer. En cinq ans, un million d’emplois ont été détruits, le salaire moyen est tombé de 1.014 à 817 euros net par mois, on estime à 800.000 le nombre d’employés qui n’ont plus été payés depuis au moins trois mois, les familles grecques privées d’électricité faute de pouvoir payer se comptent en dizaines de milliers… On pourrait poursuivre la liste. Cette tempête est le résultat désastreux des errements de la classe politique grecque, mais également des remèdes choisis par ses bailleurs – dont l’Union européenne, dont la Belgique. Dans un tel contexte, il serait déplacé de porter un jugement sur l’acte démocratique que s’apprêtent à poser les Grecs.

"Il serait déplacé de porter un jugement sur l’acte démocratique que s’apprêtent à poser les Grecs."

Quelle que soit la façon dont Syriza va remporter les élections législatives, il faut cependant espérer qu’elle parvienne à former un gouvernement fort et pragmatique. La Grèce a besoin de stabilité. Le prochain locataire de la villa Maximos doit disposer des leviers nécessaires pour mettre en place une feuille de route claire et entreprendre avec ses créanciers des négociations constructives sur les réformes à mettre en place et sur le devenir d’une dette encore trop lourde pour être supportable. Il devra avoir l’intelligence de comprendre les limites de la négociation qu’il réclame, et il devra se montrer pédagogue envers ses électeurs quand il s’agira d’expliquer que toutes les promesses ne se traduiront pas en actes. Mais en face, il faudra que l’Europe, et l’Allemagne en particulier, fasse preuve d’empathie et accorde à la Grèce une vraie marge de négociation. Pour que les Grecs puissent continuer de croire que l’Europe est synonyme d’espoir.

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