Entre Uber et les taxis, il faut les mêmes règles. Et vite!

Journaliste

En sept ans, la Région bruxelloise n'a pas réussi à prendre position dans le conflit qui opposait l'application Uber et les taxis. Il a fallu que la Justice intervienne. Aujourd'hui, des règles doivent être prises. Et elles doivent s'appliquer à tout le monde. C'est aussi simple que cela.

Sur le ring, on a deux adversaires qui tapent aussi dur que possible. D'un côté, les taxis, accrochés à une ordonnance d'un autre temps qui dit que pour transporter des personnes en voiture, il faut une licence. Point barre. De l'autre, l'application Uber qui tente le coup de poing et s'assied sur la règlementation en vigueur, fût-elle obsolète. Entre les deux, dans le rôle de l'arbitre censé rappeler les règles, la Région bruxelloise qui se tait dans toutes les langues et refuse de siffler la fin du combat.

Depuis sept ans, la Région bruxelloise promettait un plan taxi sans que jamais rien ne vienne. Sept ans, c'est long. Et mercredi soir, sans que personne ne voie le coup venir, c'est la Justice qui a sifflé la fin du match, en faisant appliquer un jugement de 2015. Cette Justice, que l'on dit si lente, a réussi à mettre un terme à la bagarre avant le gouvernement bruxellois. Pas de quoi pavaner! Il ne reste à l'arbitre qu'à rentrer au vestiaire sans se retourner.

Malgré cela, le match a continué en dehors du ring. Pendant que les taxis levaient la coupe, Uber, mis K.O. debout, buvait le calice jusqu'à la lie. Et remettait un peu d'huile sur un feu pas éteint. "On en est là à cause de l'inaction coupable du gouvernement bruxellois qui dit depuis sept ans qu'il va réformer le secteur", sifflait le patron d'Uber Belgique mercredi soir. "C'est la responsabilité d'Uber d'avoir laissé ce secteur se développer avec le risque juridique de voir ce dispositif interdit", lui rétorquait jeudi le ministre-président Rudi Vervoort. Bonne ambiance.

Espérons que ce plan taxi sorti des limbes soit le bon et que l'usager soit le gagnant de ce mauvais combat.

À notre tour de siffler la fin de la récréation et de tenter de prendre de la hauteur. Vu d'ici, l'équation semble pourtant simple. Pendant des années, la Région a laissé se développer un système qu'elle savait illégal. Pendant ces mêmes années, Uber s'est développée en jouant la montre judiciaire pour retarder une décision définitive. Face à cette double inaction inconsciente, la Justice a fait son boulot. Et aujourd'hui, 2.000 chauffeurs se retrouvent en rade du jour au lendemain, laissant des dizaines de milliers d'usagers sur le trottoir.

La Région doit amener ce plan taxi pour lequel - tiens, tiens! - un accord est intervenu jeudi en fin d'après-midi. Il faut que chacun puisse exercer son métier, quel que soit son modèle, mais les règles doivent être les mêmes pour tous. Et l'arbitre doit veiller au grain. Espérons que ce plan taxi sorti des limbes soit le bon et que l'usager soit, in fine, le gagnant de ce mauvais combat.

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