Et la SNCB dans tout cela?

Nominations politiques, patron sur la sellette,...

La SNCB n’avait évidemment pas besoin de cela. De quoi? D’un énième débat qui s’ouvre à propos des personnalités qui la dirigent et sont censées la transformer en profondeur pour en faire l’un des piliers principaux d’une politique de mobilité résolument tournée vers l’avenir.

On en est malheureusement loin. Moins de deux ans après sa nomination, à la suite d’une procédure des plus rocambolesques — il a remplacé in extremis Frank Van Massenhove, le candidat qui avait été initialement désigné —, voilà que Jo Cornu se retrouve déjà sur la sellette. Auréolé d’une impressionnante carrière dans le privé, il semblait pourtant avoir les atouts pour mener à bien une mission délicate — d’autant qu’elle était assortie de l’obligation de faire des économies importantes.

Il faut compter avec l’appétit nouveau de la N-VA, qui tient aujourd’hui à faire son entrée dans la place.

Mais le moins que l’on puisse dire est que Jo Cornu n’a pas vraiment tout fait pour se rendre populaire. Vis-à-vis des syndicats, tout d’abord, vers lesquels il a lancé quelques piques des plus provocatrices. Envers le monde politique, ensuite, alors qu’il dirige pourtant la première entreprise publique du pays.

À sa décharge, l’homme a dû assumer un nouveau — et controversé — "Plan Transports" dont il avait hérité de son prédécesseur. Et la couleur de son ministre de tutelle a changé, passant du rouge (Jean-Pascal Labille) au bleu (Jacqueline Galant). Sans compter l’appétit nouveau de la N-VA qui tient aujourd’hui à faire son entrée dans la place, les enjeux autour de la SNCB étant des plus importants.

Est-ce trop pour un seul homme que certains prétendent aujourd’hui "fatigué"? Ne pouvant pas (encore?) s’abriter derrière un vrai bilan, Jo Cornu apparaît comme fragile. Mais le carrousel politique qui se met en place et pourrait peut-être déboucher sur son remplacement serait un nouveau coup dur porté à l’entreprise, plus que jamais sous la coupe de nominations politiques qui lui font perdre un temps précieux dans son développement.

Il constitue aussi un mauvais signal de la part d’une coalition qui a été bâtie sur un projet économique et semble avoir aujourd’hui d’autres priorités moins nobles à faire valoir.

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