Et maintenant, négocier le virage de la rentrée

Journaliste

La vaccination progresse, mais cela ne suffira peut-être pas pour éviter que l'automne 2021 ne déraille. L'occasion de vérifier si la Belgique a tiré les leçons de l'année écoulée.

C'est un cap. En Europe, 70% des adultes ont reçu une première dose de vaccin contre le covid, un score qui grimpe à 83,1% en Belgique. Un cap à savourer, au vu des couacs qui ont émaillé le démarrage de la campagne et du tombereau de critiques, pas toujours justifiées ou calibrées, qui s'en sont ensuivies.

En ce sens, la campagne constitue un succès indéniable. Et, à ce petit jeu, la Belgique n'a clairement pas démérité. Qui aurait cru, en janvier, que notre pays aurait vacciné, au beau milieu de l'été, près de 8 millions de citoyens? Pas grand monde.

Cela étant, il ne faudrait pas s'imaginer avoir renvoyé la pandémie à la niche. Parce que ces scores correspondent à des premières doses et que la valse des secondes injections est en cours. Parce que l'on sait qu'avec le variant Delta, ces 70% n'y suffiront pas, pour rêver d'immunité collective. Parce que cette moyenne dissimule d'importantes disparités, des poches de population présentant toujours une faible couverture vaccinale. Afin de progresser encore, des trésors de pédagogie ne seront pas de trop.

Enfin, les pays occidentaux auront beau se féliciter de leurs avancées, ils ne seront à l'abri que lorsque la vaccination aura percolé un peu partout dans le monde, la circulation du virus dans de larges zones où les doses manquent cruellement risquant de générer des variants plus coriaces encore.

"En Belgique, il faudra veiller à ce que la rentrée 2021 ne dérape plus, d'un point de vue sanitaire, comme a pu le faire celle du cru 2020."

Par ailleurs, en Belgique, il faudra veiller à ce que la rentrée 2021 ne dérape plus, d'un point de vue sanitaire, comme a pu le faire celle du cru 2020. Cela signifie garder l'épidémie à l'œil, évidemment, mais également ne pas faire comme si de rien n'était si des alertes venaient à se déclencher.

Cela signifie, sans doute, poursuivre cette stratégie prudente du pas à pas, empruntée par le gouvernement fédéral et permettant d'éviter les lâchers de bride aussitôt suivis de cuisantes marches arrière.

Surtout, il faudra bien quitter un jour le stade de l'incantation et concrétiser ce qui est dans l'air depuis des semaines, si pas des mois. Adopter une approche non plus par secteurs, envisagés comme des monolithes, mais par lieux et tenant compte de leurs caractéristiques afin d'établir les règles à y suivre, qu'il s'agisse de ventilation ou de distanciation. Si du moins la Belgique entend éviter l'instauration d'un pass sanitaire à la française.

Quoi qu'il en soit, avec l'expérience engrangée et la progression de la vaccination, la Belgique ne peut plus se permettre de mettre sous cloche la vie sociale de ses habitants et des pans entiers de son économie. Cela constituerait un aveu d'échec retentissant.

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