Et maintenant, soyons réalistes…

© Van Hoof

Dès aujourd’hui, le nouveau président français va se trouver plongé dans la “vraie vie”. Plus question de promesses électorales ou de grands principes, il a désormais les mains dans le cambouis.

Et quel cambouis, puisqu’il se retrouve avec sur les bras, pêle-mêle, la crise de la dette, la crise de l’euro, le déficit budgétaire et le déclin industriel de la France. Voilà pour le constat. Les économistes avaient d’ailleurs noté que, pour la première fois depuis près de 40 ans, les deux candidats du deuxième tour étaient d’accord sur le fait que la France doit réduire drastiquement son déficit public. Sur la méthode pour y arriver, les deux visions s’opposaient, ce qui était assez prévisible.

Alors, faut-il avoir peur des solutions prônées par François Hollande, comme le laissait entendre il ya quelques semaines l’hebdomadaire britannique "The Economist"?

En tout cas, l’inquiétude est perceptible et comme on le sait, les investisseurs détestent les périodes d’incertitudes. Evidemment, tout le monde sait bien que la France ne va pas connaître une " révolution ", comme lors de l’accession de François Mitterrand au pouvoir en 1981. Mais, alors que François Hollande a plutôt une image de social-démocrate, certaines de ses déclarations ou promesses de campagne ont fait froid dans le dos des patrons des grands groupes français.

Même s’il s’en défend aujourd’hui, François Hollande a tout de même affirmé (en 2006, il est vrai) "Je n’aime pas les riches", et déclaré pendant la campagne 2012 que "son véritable adversaire, c’est la finance".

Son programme économique repose notamment sur une réforme fiscale d’envergure, qui prévoit près de 45 milliards d’euros d’impôts nouveaux, visant particulièrement les grandes entreprises. Avec une cerise sur le gâteau pour les super-riches : un taux marginal d’imposition de 75% sur les revenus supérieurs à 1 million d’euros par an. Reste à savoir comment les "plus riches" apprécieront la chose : en s’évadant vers des pays qui ont pour tradition de les accueillir, comme la Belgique, ou en faisant le gros dos en attendant que cela passe. Car c’est cela le plus vraisemblable : que, la campagne électorale terminée, ce soit, comme souvent, le réalisme qui l’emporte.

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