Et pourquoi pas un moratoire?

©Sofie Van Hoof

On ne pourra jamais aboutir dans ce dossier sans s’asseoir autour d’une table pour trouver une solution structurelle.

Le dossier du survol de Bruxelles se corse de jour en jour.  Pour résumer (si c’est encore possible): le plan Wathelet de dispersion des vols qui est entré en vigueur le 6 février dernier fait hurler les habitants des communes bruxelloises nouvellement survolées. Après une phase de déni, le monde politique bruxellois s’est réveillé. Pas question d’offrir un boulevard à l’opposition, et singulièrement au FDF, très puissant dans les communes victimes des nuisances. Une étude, réalisée par Bruxelles Environnement, a démontré noir sur blanc que le nombre de Bruxellois survolés avait augmenté de 160%. Melchior Wathelet, prié de revoir sa copie, a proposé de corriger son plan. Et, fait hautement prévisible, les partis flamands – si la capitale est davantage survolée, la Flandre l’est moins – sont aussitôt montés au créneau pour dénoncer la validité juridique de cet amendement. Bref, c’est un sac de nœuds inextricable. Surtout à quinze jours des élections.


Que faudrait-il faire alors? Une seule solution: l’ensemble des partis doivent admettre que l’on ne pourra jamais faire atterrir ce dossier, sans jeu de mots, sans s’asseoir autour d’une table pour trouver une solution structurelle. Et dans l’intervalle, ils devraient décréter un moratoire sur les mesures du 6 février qui ont mis le feu aux poudres. On nous dira: les habitants qui sont un peu moins survolés aujourd’hui n’accepteront jamais de revenir à la situation antérieure. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes: le plan de survol actuel touche 244.000 personnes de plus qu’auparavant.


Aucun riverain ne peut évidemment être abandonné à son sort. L’organisme de contrôle promis doit être mis sur pied le plus rapidement possible. Et l’idée de spécialiser les aéroports belges (le fret à Liège, le low cost à Charleroi) doit être examinée. De même que la manière dont les aéroports wallons ont géré leurs propres nuisances en concentrant les vols mais en proposant des mesures radicales (isolation ou expropriation). Il faudra certes du courage politique pour avancer. Mais après les élections, les politiques auront ce qui leur manque le plus, en général: du temps.

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