Et si la Belgique se remettait (enfin) à investir?

Journaliste

Comme on n’est pas trop portés sur le vaudou ou la sorcellerie, on se permet de dire ceci. En général, les malédictions qui nous poursuivent sont celles qu’on s’est infligées. Tout seuls, comme des grands.

Il pleut dans les musées royaux? Les tunnels bruxellois sont branlants? Les routes wallonnes n’ont rien à envier au Paris-Dakar? Les trains ont leur version personnelle de la ponctualité? Le dossier RER est à pleurer? N’y voyez aucune fatalité. La cause en est toute simple. La Belgique sous-investit depuis une trentaine d’années.

Depuis 1989, la Belgique, toutes entités confondues, consacre entre 2% et 2,5% de son PIB aux investissements publics.

Dans les années 70, notre pays consacrait environ 5% de son PIB aux investissements publics. Pas toujours avec discernement, ce qui a fait les beaux jours des "Travaux inutiles" de la RTBF. Puis le tandem Martens-Gol est passé par là, qui a serré tous les boulons budgétaires. Surtout celui des investissements: c’est le plus facile et il ne fait pas trop de mal. À court terme.

Le hic, c’est que personne n’a songé à rectifier le cap (lire en page 7). Et donc, depuis 1989, la Belgique, toutes entités confondues, consacre entre 2% et 2,5% de son PIB aux investissements publics. De quoi gagner sa place au club des pays européens qui en font le moins.

Le plus désolant, c’est que cela fait des lustres que, de toutes parts, on nous bassine avec les effets vertueux d’investissements (judicieusement choisis). Avertissements à la clé: sous-investir sur une longue période handicape la capacité de production de l’économie.

Alors oui, puisque c’est le chemin tracé par l’Europe, la Belgique peut continuer à soigner son solde budgétaire structurel. Mais ferait bien, dans le même temps, de recourir à l’endettement afin de renouer avec une politique d’investissement public digne de ce nom. En expliquant à la Commission que cette enveloppe doit être "immunisée" afin qu’elle ne plombe pas aveuglément son déficit annuel. L’Europe ne peut à la fois encourager l’investissement et s’agripper à une orthodoxie budgétaire à œillères.

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