Europe, mon amour

Journaliste

La confiance dans l’UE s’accroît malgré le Brexit.

Une sorte de pensée unique mâtinée d’un esprit fataliste et pleurnichard s’est installée à propos de l’Union européenne ces dernières années. Ses institutions seraient la cause de tout mal. Une crise économique éclate en 2008? C’est l’Europe. Des migrants arrivent en nombre en 2015? C’est l’Europe. Le réchauffement climatique? L’Europe. La fraude fiscale? L’Europe. La guerre en Syrie? L’Europe. La guerre en Ukraine? L’Europe.

Les institutions européennes sont devenues, au fil des ans, le bouc émissaire de tous les échecs politiques. L’attaque vient souvent des élus nationaux et régionaux, plus prompts à dénoncer "Bruxelles" qu’à faire l’autocritique de leur bilan défaillant. Elle vient aussi de certains milieux qui ont compris que déconstruire l’Europe apporte un auditoire vite conquis et aucune contre-attaque de la part de l’UE.

Les institutions européennes sont devenues, au fil des ans, le bouc émissaire de tous les échecs politiques.

L’europhobie vient surtout des partis populistes de droite comme de gauche. Le père du Brexit, l’eurodéputé britannique Nigel Farage, en est l’aboutissement. Lui qui a réussi à porter un coup dur à l’Union européenne, tout en se nourrissant de ses subventions avec la plus grande hypocrisie.

Mais ce ras-le-bol, exprimé dans certains médias et sur le défouloir collectif des réseaux sociaux, est-il partagé par les citoyens?

Un sondage Gallup réalisé en novembre montre que les Européens sont une écrasante majorité à préférer que leur pays reste dans l’Europe. En Belgique, ils sont 75%. On les comprend, ils vivent dans un des marchés les plus prospères du monde, avec une monnaie forte et où les droits de l’homme et la liberté d’expression sont, en grande partie, respectés.

Une belle déclaration d’amour. Bien sûr, les gens sont critiques. Mais ils n’en ont pas "marre de l’Europe" au point d’en divorcer, comme clament les Farage, Le Pen, Mélenchon et consorts. Par contre, le même sondage révèle que la plupart des Européens ne sont pas satisfaits de la manière dont leur pays est dirigé. Une conclusion à méditer pour les campagnes électorales à venir.

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